Diplomatie & défense

Un troupeau de chameaux dans la vallée du Jourdain, le 16 février 2014
Les 14 parcelles devraient se retrouver à l'extérieur d'une nouvelle frontière délimitant la zone militaire

L'armée israélienne a l'intention de réduire la taille de sa zone militaire dans la vallée du Jourdain en Cisjordanie et de permettre aux propriétaires palestiniens de retourner cultiver leurs terres, rapporte lundi le journal israélien Ha'aretz.

Après la guerre des Six jours en 1967, l'armée israélienne avait fermé la zone située entre la barrière de sécurité et la frontière avec la Jordanie. Les Palestiniens avaient été interdit d'entrer dans cette zone, invoquant des "préoccupations sécuritaires".

Ha'aretz a rapporté en janvier 2013 que 5000 dunums (plus de 485 hectares) de terres appartenant à des Palestiniens ont été exploités par les habitants Juifs sur la base d'une directive ordonnée par un commandant militaire dans les années 1980.

Après que l'information a été révélée par le journal, un certain nombre de Palestiniens ont intenté une action en justice auprès de la Cour suprême, qui a exigé de l'Etat qu'il explique pourquoi les propriétaires ne pouvaient pas cultiver leur terre. Les pétitionnaires, représentés par Taufiq Jabrin, ont demandé à ce que les familles soient autorisées à reprendre possession de leurs terrains, où se trouve actuellement l'implantation de Mehola.

Jabrin, l'avocat de la partie des Palestiniens, a déclaré que "l'Etat a presque avoué faire quelque chose d'illégal, mais il a encore besoin de décider ce qu'il veut faire avec cela".

"Il n'a pas déclaré qu'il jouerait un rôle dans le délogement des intrus dans les six prochains mois, mais il veut tenir des pourparlers entre les deux parties. Cela ne sert à rien de discuter, nous voulons que notre terre nous soit restituée", a-t-précisé.

L'Etat a finalement répondu à la Cour suprême la semaine dernière avec une déclaration qui semblait indiquer que la zone militaire à l'ouest de la barrière de sécurité sera retirée. Les 14 parcelles de terre dans la région, qui ne sont pas cultivées, seront restituées à leurs propriétaires d'origine.

Ces parcelles supplémentaires devraient se retrouver à l'extérieur d'une nouvelle frontière délimitant la zone militaire et seront inaccessibles aux habitants juifs de la région.

L'Etat n'a pas encore annoncé ce qu'il entend faire des habitants du village israélien de Mehola. Au cours des trois dernières années, il a essayé de faire pression sur les Palestiniens pour qu'ils cèdent les terres à l'administration civile de l'armée israélienne en échange d'une compensation financière, mais les Palestiniens ont toujours refusé.

Pour le chercheur sur les implantations et militant de gauche Dror Etkes, la volte-face de l'armée fournit une preuve supplémentaire de "la coexistence harmonieuse entre ce que l'on appelle les 'préoccupations sécuritaires' et l'action continue de vol et l'expropriation (des territoires palestiniens) par le gouvernement qui a prospéré au cours des 50 dernières années".

"On peut supposer que s'ils (les Palestiniens) n'avaient pas déposé leur requête auprès de la Cour, la situation serait restée la même encore pendant de nombreuses années", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, le gouvernement israélien a annoncé la préemption de 150 hectares de terres agricoles à proximité de Jéricho en Cisjordanie. Une partie de cette zone, qui se situe à Almog dans la valée du Jourdain, est déjà exploitée par des agriculteurs israéliens.

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