Diplomatie & défense

Vue aérienne du mont du Temple (esplanade des Mosquées pour les Musulmans) et du Mur des Lamentations (Kotel)
26 pays se sont abstenus, 24 ont voté en faveur et six contre

Le Conseil exécutif de l'UNESCO, qui comprend 58 pays, a adopté jeudi une résolution palestinienne qui nie tout lien entre les Juifs et le Mont du Temple et lie le site sacré aux seuls Musulmans.

Au cours du vote, 26 pays se sont abstenus, 24 ont approuvé le texte et six s'y sont opposés.

Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Lituanie, les Pays-Bas, l'Estonie et l'Allemagne ont voté contre, tandis que la Russie et la Chine ont voté pour.

L'adoption de cette résolution a déclenché une vague de critiques côté israélien, dont celle du Premier ministre Benyamin Netanyahou.

GALI TIBBON (AFP)

Ce dernier a réagi en déclarant que "le théâtre de l'absurde continue à l’UNESCO".

"Aujourd'hui, cette organisation a pris sa décision la plus bizarre qui stipule que le peuple d'Israël n'a aucun lien avec le Mont du Temple et le Mur occidental. Etant donné qu’ils ne lisent pas la Torah, je suggère aux membres de l'UNESCO d'aller visiter l'Arc de Titus à Rome, et voir ce que les Romains ont rapporté après la destruction et le pillage du Mont du Temple il y a 2000 ans", a déclaré Netanyahou.

Le Premier ministre a ensuite ajouté: "une menorah à sept branches est gravé sur l'Arc de Titus. Symbole du peuple juif d’antan et de l'État juif actuel. À cette cadence, bientôt l’UNESCO affirmera que l'empereur Titus était un propagandiste sioniste".

"Dire qu’Israël n'a aucun lien avec le Mont du Temple et le Mur occidental, est comme dire que la Chine n’a pas de lien avec la Grande Muraille, et que l'Egypte n’a aucun lien avec les pyramides", a-t-il encore dit.

"Cette décision absurde de l'UNESCO a fait perdre à cette organisation le peu de légitimité qui lui restait. Cependant, je crois que la vérité historique est plus puissante, et qu’elle prévaudra" a-t-il souligné.

Dans un communiqué, le leader de l'opposition israélienne Yitzhak Herzog a déclaré que "l'UNESCO trahit sa mission, et donne une mauvaise réputation à la diplomatie et aux institutions internationales."

Miguel Medina (AFP/Archives)

"Celui qui veut réécrire l'histoire, fausser les faits, et inventer que le mur occidental et le Mont du Temple n'ont aucun lien avec le peuple juif, est un menteur qui sert simplement à répandre la haine." a-t-il ajouté.

De son côté, le Président du parlement israélien Yuli Edelstein a déclaré que "l’ONU a de nouveau démontré son impertinence et celle de ses institutions".

"S'il y a quelque chose qui nécessite un réexamen, c’est de savoir si l'UNESCO et l'Organisation des Nations unies ont un quelconque lien avec l'histoire et la réalité" a-t-il ajouté.

Le député israélien Avi Dichter a quant à lui souligné que "le Mont du Temple n'a jamais été et ne sera jamais al-Aqsa".

La ministre de la Culture Miri Regev a elle qualifié cette résolution d"antisémite et honteuse".

La proposition de résolution, qui condamne Israël sur plusieurs points concernant Jérusalem et ses lieux saints et dépeint l'Etat hébreu comme "puissance occupante", a été déposée par les Palestiniens conjointement avec l'Egypte, l'Algérie, le Maroc, le Liban, Oman, le Qatar et le Soudan.

Le texte ne mentionne ni le terme hébreu qui désigne le site (Har HaBayit), ni son équivalent en anglais ou en français, le Mont du Temple. Le site est appelé uniquement par ses noms musulmans : la mosquée Al-Aqsa et Haram al-Sharif.

En outre, la résolution désigne la place en contrebas du Mur des Lamentations par son nom arabe "al-Buraq plaza". C'est seulement après que le nom hébreu "Hakotel HaMa'aravi" apparaît entre guillemets.

AFP

Le conseil exécutif de l'UNESCO avait voté une résolution similaire lors de sa précédente conférence en avril dernier. La résolution avait été adoptée avec le soutien d'un certain nombre d'Etats européens, dont la France, ce qui avait provoqué une crise diplomatique entre Paris et Jérusalem.

Le président français François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls avaient regretté le vote de la France et promis qu'ils ne soutiendraient plus aucune de ces résolutions à l'avenir.

Au cours des dernières semaines, l'ambassadeur d'Israël à l'UNESCO Carmel Shama-Hacohen et des ambassadeurs israéliens en poste dans plusieurs capitales ont tenté de convaincre le plus grand nombre d'États possible de s'opposer à la résolution, ou au moins de s'abstenir ou de ne pas voter du tout.

Le ministère des Affaires étrangères a diffusé une brochure avec des images de découvertes archéologiques prouvant l'appartenance de Jérusalem et du Mont du Temple à l'histoire juive, ainsi que l'existence du Mont du Temple sur le site où se trouve aujourd'hui la mosquée Al-Aqsa.

Selon un haut responsable israélien qui s'est confié à Haaretz, cette version est une tentative de jeter le doute sur les liens entre le Mur des Lamentations et le Temple juif.

Il a confié cependant, que selon des informations obtenues la semaine dernière, de nombreux pays arabes, parmi lesquels certains ont signé la proposition de résolution avec les Palestiniens, ont indiqué la soutenir en raison de leurs opinions publiques.

"Un certain nombre d'Etats arabes ont aurait exprimé un mécontentement considérable à l'égard des initiatives des Palestiniens à l'UNESCO", at-il dit.

"Ils s'opposent vertement aux Palestiniens et considèrent que ces-derniers exagèrent et deviennent de plus en plus radicaux, mais admettent qu'ils n'ont pas le choix de soutenir la résolution, en raison de considérations de politique intérieure", a-t-il ajouté.

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