Diplomatie & défense

Le Mont du Temple, où se trouve le Mur occidental, lieu saint des Juifs, surmonté de l'Esplanade des Mosquées, lieu saint pour les musulmans
Naftali Bennett accuse l'Unesco d'apporter un "soutien immédiat au terrorisme islamiste"

Israël a annoncé vendredi suspendre sa coopération avec l'Unesco au lendemain du vote d'une résolution niant tout lien entre les Juifs et le Mont du Temple et lie le site sacré aux seuls Musulmans.

Dans une lettre adressée à la directrice générale de l'Unesco Irina Bokova et publiée sur Twitter, le ministre israélien de l'Education Naftali Bennett parle de décision "honteuse" et accuse l'Unesco d'apporter un "soutien immédiat au terrorisme islamiste".

"Le prochain terroriste pourrait très bien trouver son inspiration et sa légitimité dans l'acte lamentable de l'Unesco", a ajouté Bennett.

Il annonce la suspension par la commission israélienne de l'Unesco de "toutes ses activités professionnelles avec l'organisation internationale".

Cette décision se traduit par le refus de rencontrer des représentants de l'Unesco ou de participer à des conférences internationales, a précisé le ministère, compétent en la matière.

Bokova a pris ses distances avec la résolution et invoque la signification de Jérusalem pour le christianisme, l'islam et le judaïsme ainsi que la coexistence des trois religions qui ont valu à la ville d'être inscrite au patrimoine mondial de l'humanité.

"Le patrimoine de Jérusalem est indivisible, et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville. Nier, occulter ou vouloir effacer l’une ou l’autre des traditions juive, chrétienne ou musulmane revient à mettre en péril l’intégrité du site", dit-elle dans un communiqué.

"La mosquée Al Aqsa / Al-Haram-al-Sharif, sanctuaire sacré des musulmans, est aussi le Har HaBayit – ou mont du Temple – dont le Mur occidental est le lieu le plus sacré du judaïsme", précise-t-elle.

Une déclaration que Bennett juge "insuffisante" ajoutant que "le soutien des organisations terroristes cessera que lorsque l'UNESCO annulera sa résolution scandaleuse, une résolution qui réfute l'histoire afin de plaire aux ennemis d'Israël" 

Protestations du Crif et du grand rabbin de France

Par ailleurs, le Conseil représentatif des institutions juives (Crif) et le grand rabbin de France ont "déploré" vendredi le vote à l'Unesco, en "prenant acte", avec des nuances, de l'évolution de la position française sur ce sujet.

Dans une déclaration, le grand rabbin de France, Haïm Korsia, "dénonce avec force le vote de cette nouvelle résolution", "comme il l'avait fait en avril dernier, et prend acte de l'abstention de la France".

Paris, qui avait soutenu une résolution sur ce sujet en avril dernier, s'est cette fois abstenu.

Le grand rabbin Korsia, chef religieux de la première communauté juive d'Europe, "regrette" d'ailleurs "que la proposition de résolution de la France ait été rejetée - proposition qui était conforme à la vérité des faits, de l'Histoire et du bon sens" selon lui.

Dans un communiqué distinct, le Crif, a salué "la fermeté des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, des Pays-Bas, de l'Estonie, de la Lituanie et de l'Allemagne, qui se sont opposés à la résolution".

S'il prend acte de "l'évolution de la position française​", le Conseil représentatif déplore que la France "ait manqué une nouvelle fois l'opportunité et le courage de s'exprimer clairement sur la réalité historique du caractère juif de Jérusalem".

"Il est urgent et nécessaire", selon l'instance politique, que les autorités françaises sortent "de cette ambiguïté vécue douloureusement par les Juifs de France", au nombre d'un demi-million.

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