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Netanyahou affirme avoir été l'initiateur du sommet secret tenu en Jordanie

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry (g) tient une conférence de presse, le 2 janvier 2014 à Jérusalem, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu
AFP
La réunion a eu lieu l'année dernière à Aqaba, en présence du président égyptien et du roi de Jordanie

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré dimanche aux ministres de son parti (Likud) avoir été l'initiateur du sommet régional secret organisé avec des dirigeants arabes l'année dernière.

Netanyahou a par ailleurs confirmé qu'il avait rejeté le plan d'initiative de paix proposé par le secrétaire d'Etat américain John Kerry présent lors de la rencontre, selon le quotidien israélien Haaretz.

Un sommet secret s'est tenu à Aqaba, en Jordanie le 21 février 2016, où cours duquel le secrétaire d'État d'alors John Kerry a présenté un plan pour une initiative de paix régionale, comprenant notamment la reconnaissance d'Israël comme un État juif et le renouvellement des pourparlers avec les Palestiniens avec le soutien des pays arabes.

Le roi Abdullah II de Jordanie et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi étaient également présents lors de cette réunion dans la ville jordanienne, mais pas le chef de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, selon le journal, qui précise que Netanyahou n'a pas accepté la proposition de Kerry, lui affirmant qu'il aurait du mal à obtenir une approbation auprès de sa coalition.

Selon Haaretz, qui cite d'anciens hauts fonctionnaires de l'administration Obama, c'est John Kerry qui a initié le sommet malgré l'échec de l'initiative de paix que les Américains entre Israël et les Palestiniens en avril 2014, et en dépit de ses relations houleuses avec le Premier ministre israélien.

Malgré l'impasse des précédentes discussions, Kerry a élaboré avec ses conseillers un document définissant les principes pour le renouvellement des pourparlers entre les Israéliens et les Palestiniens dans le cadre d'une initiative de paix régionale avec la participation des pays arabes. Le plan proposé est identique à celui qu'il a présenté en décembre dernier lors d'un discours prononcé trois semaines avant l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Voici les six principes.

- Etablissement de frontières internationales sûres et reconnues entre Israël et un État palestinien durable et contigu, basé sur les frontières de 1967, avec échanges de territoire.

- Mise en œuvre de la vision de la Résolution 181 de l'ONU (le Plan de Partition) qui définit le principe de deux Etats pour deux peuples, un Juif et un Arabe, qui se reconnaissent et accordent des droits égaux à leurs citoyens.

- Une solution juste, convenue et réaliste sur la question des réfugiés palestiniens, conforme à une solution de deux Etats pour deux peuples, et qui n'influe pas le caractère fondamental d'Israël.

- Une solution convenue pour Jérusalem comme capitale des deux pays, reconnue par la communauté internationale et assurant la liberté d'accès aux sites saints en accord avec le statu quo.

- Une réponse aux besoins sécuritaires d'Israël, qui lui assure la capacité de se protéger efficacement, ainsi que celle des Palestiniens à assurer la sécurité à ses citoyens dans un Etat souverain et démilitarisé.

- La fin du conflit et des revendications, qui permettra une normalisation des liens et une sécurité régionale accrue pour tous, conformément à la vision de l'Initiative de paix arabe.

"La persuasion plus efficace que la pression"

Selon Haaretz, Kerry a demandé au roi jordanien de faire pression sur Abbas pour qu'il accepte de reprendre les pourparlers basés sur le plan américain, et au président égyptien d'en faire de même avec le gouvernement israélien. Selon le journal, Abdullah et Sissi étaient d'accord pour exprimer leur soutien au plan, même s'il comprenait la reconnaissance d'Israël en tant qu'État juif.

Néanmoins, un des fonctionnaires qui s'est confié à Haaretz a précisé que Sissi, qui ne voulait pas d'une confrontation avec Netanyahou, a clairement indiqué à Kerry qu'il pensait la persuasion serait plus efficace que la pression et la contrainte.

Selon les hauts fonctionnaires américains, le Premier ministre israélien a évité d'apporter une réponse claire au plan proposé, émettant plusieurs réserves, notamment le fait que les principes étaient trop détaillés et qu'il aurait du mal à gagner le soutien de son gouvernement de coalition.

La réunion entre les quatre dirigeants s'est par ailleurs heurtée aux inquiétudes d'Abdullah et Sissi à l'égard de la politique de l'administration Obama au Moyen-Orient, notamment concernant l'Iran et la Syrie. Néanmoins, les deux dirigeants ont réagi positivement à la proposition du secrétaire d'Etat, tentant de convaincre Netanyahu de l'accepter.

CHRIS KLEPONIS / AFP

Selon les hauts fonctionnaires américains, Netanyahou est demeuré hésitant, et affirmé qu'il publierait une déclaration positive concernant l'Initiative de paix arabe.

En retour, le dirigeant israélien a demandé la reprise des négociations avec les Palestiniens, ainsi que la tenue d'un sommet régional pour la paix, avec la participation des dirigeants saoudiens, émiratis et d'autres pays musulmans sunnites.

Après plusieurs heures de discussions, les dirigeants sont retournés dans leurs capitales respectives, en acceptant d'examiner les différentes propositions, qui sont restées jusqu'à aujourd'hui lettre morte.

Commentaires

(2)

On ne peut faire la paix qu'avec ses ennemis.

Oui si les ennemis sont sincères et qu'ils ne veulent pas vous détruire. Israel a démontré savoir faire la paix avec deux voisins qui le désiraient également sincèrement

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