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L'attaque de Jérusalem perpétrée par une cellule locale, et non par l'EI (armée)

Des policiers israéliens portent le 16 juin 2017 à Jérusalem le corps d'un des trois assaillants présumés qui ont abattu une policière israélienne
Ahmad GHARABLI (AFP)
L'EI avait revendiqué l'attaque en saluant les "lions du califat" qui ont "attaqué un rassemblement de juifs"

L'armée israélienne a affirmé samedi matin que l'attaque menée la veille à l'entrée de la Vieille ville de Jérusalem qui a coûté la vie à une policière israélienne de 23 ans a été menée par une cellule terroriste locale non-affiliée de Cisjordanie, et non pas par l'Etat islamique ou le Hamas, qui ont tous les deux revendiqué l'attaque, rapporte le site du journal Haaretz.

"Nous n'avons pas trouvé d'indication qui mènerait vers une organisation terroriste", a indiqué l'armée.

Les trois auteurs de l'attaque de vendredi, Bara Ata, 18 ans, Oussama Ata, 19 ans, et Adel Ankouch, 18 ans, sont originaires de Deir Abou Mechaal, un village proche de Ramallah, qui a aussitôt été bouclé par l'armée israélienne après l'attaque.

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué l'attaque meurtrière de Jérusalem, et averti qu'elle ne serait "pas la dernière", avant que l'organisation terroriste Hamas ne démente cette revendication.

Dans un communiqué en ligne obtenu à Beyrouth, l'EI a salué les "lions du califat" qui ont "attaqué un rassemblement de juifs".

Vendredi, aux abords de la Vieille ville, deux terroristes ont ouvert le feu sur un groupe de policiers qui ont répliqué, tandis qu'un troisième a poignardé la policière à quelques mètres de là, avant d'être abattu, selon la police israélienne.

La policière de 23 ans, Hadas Malka, originaire de la localité de Givat Ezer (centre d'Israël) est décédée quelques heures plus tard à l'hôpital.

Des médecins ont affirmé que quatre autres personnes avaient été légèrement blessées dans l'attaque.

AHMAD GHARABLI (AFP)

Selon SITE, un centre américain spécialisé dans la surveillance en ligne de la mouvance djihadiste, ce serait la première fois que l'EI mène une attaque à Jérusalem ou en Israël.

Le groupe avait revendiqué le 10 avril le tir d'une roquette qui s'était abattue sur le sud d'Israël depuis le Sinaï égyptien, ou des groupes djihadistes affiliés à l'EI avaient déjà revendiqué en février une série de tirs de roquettes sur le sud d'Israël.

Selon le communiqué de l'EI, diffusé dans la nuit sur le réseau social Telegram, les assaillants abattus seraient "les frères Abou al-Barra al-Maqdissi, Abou Hassan al-Maqdissi et Abou Rabah al-Maqdissi".

"Brouiller les cartes"

Mais dans la nuit de vendredi à samedi, le Hamas, le mouvement islamiste palestinien qui contrôle la bande de Gaza, et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) ont affirmé que les trois terroristes étaient issus de leurs mouvements.

"La revendication de l'Etat islamique est une tentative de brouiller les cartes", a assuré dans un communiqué Sami Abou Zouhri, un porte-parole du Hamas. L'attaque, a-t-il ajouté, a été menée par "deux résistants palestiniens du Front populaire de libération de la Palestine et un troisième du Hamas".

STR (AFP/Archives)

Selon le FPLP, deux des terroristes étaient récemment sortis de prisons israéliennes après y avoir passé plusieurs mois.

Le service de sécurité intérieure israélien, le Shin Beth, a pour sa part affirmé que les trois hommes avaient déjà été impliqués dans des "activités terroristes".

L'attaque est survenue alors que des dizaines de milliers de Palestiniens de Jérusalem-Est et de Cisjordanie assistaient à la prière nocturne sur la très sensible esplanade des mosquées, à l'occasion du troisième vendredi du mois de jeûne musulman.

Appel à condamner l'attaque

L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon, a appelé samedi le Conseil de sécurité à condamner l'attaque de la veille, à l'entrée la Vieille ville de Jérusalem, et accusé à nouveau l'Autorité palestinienne de soutenir le terrorisme.

"Les paiements effectués par l'Autorité palestinienne aux terroristes et à leurs familles encouragent les attaques odieuses comme celle d'aujourd'hui", a réagi Danon.

"Les dirigeants palestiniens continuent d'affirmer leur soutien à la paix, tout en effectuant des paiements mensuels aux terroristes et en éduquant leurs enfants à la haine. La communauté internationale doit exiger des Palestiniens qu'ils mettent fin à ces actes de violence intolérables ", a-t-il ajouté.

"Je demande au Conseil de sécurité de condamner immédiatement cette attaque terroriste", a-t-il martelé.

Selon des responsables israéliens, l'Autorité palestinienne a versé près de quelque 4 milliards de shekels (1 milliard d'euros) au cours des quatre dernières années aux prisonniers palestiniens et aux familles des terroristes abattus pendant leurs attaques contre des Israéliens.

(avec agence)

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