Quantcast i24NEWS - Analyse/Frappes sur une base iranienne en Syrie: traiter le problème tant qu'il est encore petit

Analyse/Frappes sur une base iranienne en Syrie: traiter le problème tant qu'il est encore petit

Base militaire iranienne en Syrie bombardée par Israël
Pour Israël, la présence militaire iranienne permanente en Syrie est une ligne rouge qui ne sera pas tolérée

S'il y a une chose de vraie dans les nombreux rapports provenant des sources de l'opposition et des médias du régime syrien selon lesquels l'armée de l'air israélienne aurait attaqué une base iranienne à la périphérie de Damas samedi, c'est que l'Etat hébreu a démontré à tous les acteurs qui attisent le feu dans la région que ses menaces étaient sérieuses.

L'attaque qui a eu lieu pendant la nuit visait, selon toute vraisemblance, à valider les lignes rouges qu'Israël a imposées aux Russes, aux Américains, au régime de Bashar Assad, au Hezbollah et, bien sûr, aux Iraniens.

Le message principal: Israël n'autorisera aucune présence militaire iranienne en Syrie. Le fait que les Russes et les Iraniens aient ignoré ce message lors des pourparlers entre le président russe Vladimir Poutine et les dirigeants iranien et turc a probablement incité Israël à renforcer son message.

Sur la base des informations parues dans les médias internationaux, Israël a mené une opération diplomatique en deux temps, l'une de nature publique, l'autre militaire.

Dans la première phase, il y a trois semaines, la BBC a publié des photos aériennes d'une ancienne base militaire syrienne, qui est en train d'être démolie et reconstruite. Le rapport souligne que la base, située près de la ville d'al-Kiswah, à 15 km au sud-ouest de Damas, devait abriter 500 combattants d'une milice opérant en Syrie sur les ordres de Téhéran.

AFP/JACK GUEZ

La base se trouve à une cinquantaine de kilomètres du plateau du Golan, et bien qu'elle ne soit pas assez proche pour constituer une menace directe pour Israël, elle constitue certainement une composante importante et claire de l'établissement militaire de l'Iran en Syrie.

Les Iraniens ont expliqué aux Russes que cette base devait abriter les combattants de la milice chiite censés protéger le régime d'Assad dans la région de Damas contre les tentatives des rebelles de le renverser. Mais il n'y a pas de réel doute sur le fait que cette base devait surtout servir les objectifs iraniens sur le sol syrien.

On peut supposer que le rapport de la BBC avait pour objectif de dissuader les Iraniens et le régime syrien de continuer les travaux de construction dans la base. Mais l'Iran et l'armée syrienne ont apparemment poursuivi les travaux, et bien que la base d'Al-Kiswah n'ait pas encore accueilli de soldats, il est possible d'affirmer qu'il y avait déjà une "représentation" iranienne au moment de la frappe: à peine quelques militaires et des gardiens de la révolution iranienne. Pas plus. C'était apparemment assez pour Israël.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a récemment déclaré que la présence militaire iranienne (et russe) en Syrie était "légitime", car le régime Assad, qui est le gouvernement officiel, les a conviés.

Mais Jérusalem n'est pas liée aux déclarations de Moscou. Pour Israël, comme les événements récents et les déclarations le montrent clairement, la présence militaire iranienne permanente en Syrie est une ligne rouge qui ne sera pas tolérée, même à ses débuts.

La conclusion évidente est qu'il est préférable de gérer un problème quand il est encore petit que de bombarder cette installation quand elle sera entièrement habitée, ce qui provoquera de nombreuses victimes.

Le silence des Russes

Il semble que la frappe sur l'installation iranienne près d'Al-Kiswah, ainsi que le raid sur une cache d'armes destinée au Hezbollah - également près de Damas - n'ont pas été menés depuis l'intérieur de l'espace aérien syrien, mais de l'extérieur, par le biais de missiles air-sol.

Cette information rend crédible les rapports sur les tentatives syriennes d'intercepter les missiles par le biais de munitions anti-aériennes.

Mais contrairement aux affirmations du régime syrien, il ne semble pas que les missiles air-sol israéliens aient été interceptés par les forces syriennes. Les avions de chasse étaient probablement déjà en route vers leur base lorsque les missiles anti-aériens syriens ont été tirés.

On peut supposer que les Syriens essaieront d'améliorer leurs capacités balistiques pour faire face à de telles situations, et qu'ils déposeront une plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU. Quoi qu'il en soit, il semble que cette attaque n'entraînera pas d'escalade dans un avenir proche.

Twitter

Le chef de l'armée iranienne s'est récemment rendu en Syrie et il compte, apparemment, fournir aux Syriens de meilleurs systèmes de défense aérienne, mais le régime d'Assad n'a pour l'instant pris aucune mesure significative pour répondre aux raids israéliens.

Le commandant iranien a alors averti: "Il n'est pas acceptable que le régime sioniste viole le territoire syrien comme bon lui semble", Mais il reste encore à vérifier si les Iraniens ont subi des pertes dans l'attaque, ce qui pourrait conduire à d'éventuelles représailles. (Des rapports font état de plusieurs victimes iraniennes, ndrl).

Et les Russes? Ils restent à l'écart, conformément à la politique du Kremlin selon laquelle, tout ce qui se passe entre Israël, les Iraniens et les Syriens ne les concerne pas, à moins que leurs hommes leurs intérêts en Syrie ne soient menacés.

Ron Ben-Yishai est correspondant de guerre et analyste de la défense. Cet article est publié avec l'aimable autorisation de Ynet.

Commentaires

(5)

Enfin un reportage sensé faite par un professionnel qui remet les choses dans l'ordre car l'information de votre Agence Favorite de Presse était un "fake"!

Un tapis de bombe sur la Syrie...,, Fierté et reconnaissance à l'état hébreux !

la couleur de la ligne a t elle une importance ?

Comme le dit Jonny haliday dans sa chanson Les coups. Malheureusement ils ne comprennent que ça alors ils en veulent il faut leurs en donner pour qu’ils comprennent que tout danger visant Israël sera détruit jusqu’au jour où il faudra couper la tête du serpent iranien

Article intéressant et professionnel Si tous les articles que vous publiez avaient autant de profondeur...

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