Diplomatie & défense

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu speaks as he opens the weekly cabinet meeting at the Defense Ministry in the costal city of Tel Aviv on August 24, 2014
Le Premier ministre répond aux critiques sur sa gestion du conflit et sur les conditions du cessez-le-feu

Le Premier ministre israélien a fait ce soir le bilan de l'opération Bordure protectrice s'exprimant pour la première fois 24 heures après l'instauration d'un cessez-le-feu.

Benyamin Netanyahou a évoqué d'excellents résultats militaires". Énumérant les "succès" de l'opération "Bordure protectrice" le Premier ministre israélien a déclaré que "le Hamas n'avait pas subi une telle défaite depuis sa création".
"Nous avons détruit les tunnels d'attaques, tué près de 1.000 soldats ennemis, y compris des hauts responsables du mouvement, détruit des milliers de roquettes et des centaines de positions de commandements, évité des attentats sur le sol israélien et empêché grâce au système anti-missiles Dôme de fer que des milliers d'Israéliens soient tués par les missiles tirés de Gaza", a-t-il affirmé.

L'objectif de l'opération était d'empêcher le Hamas d'attaquer par l'air, la mer et la terre.

"Le Hamas a été surpris la force de notre réaction", a ajouté le chef du gouvernement qui a expliqué que le Hamas n'a obtenu satisfaction à aucune de ses exigences.

Netanyahou a assuré que le Hamas avait "supplié" l'instauration d'un cessez-le-feu.

"Nous n'avons pas cédé à leurs exigences. Nous n'avons pas cédé à la menace d'une guerre d'usure", a aussi affirmé Netanyahou qui a néanmoins justifié le retrait des troupes au sol de la Bande de Gaza pour éviter davantage de pertes.

"Le Hamas a été frappé durement et n'a obtenu aucune de ses demandes pour signer le cessez-le-feu. Il exigeait pour signer un cessez-le-feu un port et un aéroport à Gaza, la libération de prisonniers palestiniens, une médiation qatarie puis turque, le paiement des salaires des fonctionnaires, d'autres demandes encore mais il n'a rien obtenu", a-t-il affirmé.

"Nous avons retiré nos forces terrestres de Gaza pour éviter l'enlèvement et la mort de nos soldats", a expliqué le Premier ministre qui a lancé une sévère mise en garde au Hamas: "Nous n'accepterons pas de tirs sporadiques de roquettes sur le territoire israélien, nous riposterons très durement".

Répondant aux questions des journalistes, le Premier ministre a concédé "ne pas pouvoir assurer un retour au calme à long terme".

Il a ajouté que l'objectif n'était pas de reconquérir la Bande de Gaza ou d'arriver à détruire totalement le Hamas.

"L'effondrement du Hamas aura lieu si on obtient la démilitarisation de la Bande de Gaza à long terme", a dit Netanyahou qui s'est justifié en évoquant la lutte que mènent les Etats-Unis contre les djihadistes au Moyen - Orient. " Même les Etats-Unis n'ont pas réussi à détruire Al Qaïda".

Le chef du gouvernement a également noté le peu de soutien des pays arabes en faveur du Hamas, à part celui du Qatar. "Les pays arabes ont compris qu'Israël est un partenaire pour combattre l'islamisme terroriste", a affirmé Netanyahou.

Interrogé sur l'avenir des négociations avec les Palestiniens, le Premier ministre israélien a refusé de donner des détails mais a assuré qu'Israël "serait heureux de voir Mahmoud Abbas au pouvoir à Gaza".

"Ne soyez pas induits en erreur par les fanfaronnades du Hamas a, quant à lui, déclaré le ministre de la Défense Moshé Bogie Ya'alon qui se trouvait aux côtés du Premier ministre et du chef d'état-major de l'armée israélienne, le général Benny Gantz lors de la conférence de presse à Tel Aviv.

"Nous ne nous leurrons pas. Nous pourrions avoir à revenir et combattre le Hamas, et nous le ferons avec toute notre force ... C'était une guerre plus justifiée que jamais, une guerre pour défendre nos maisons ", a dit Ya'alon.

Le général Gantz a précisé que les activités conjointes de l'armée israélienne et des services de renseignement ont permis d'affaiblir les capacités du Hamas et des autres organisations terroristes à Gaza qui avaient mis des années pour bâtir ces infrastructures "sans faire de compromis stratégique significatif".

Haniyeh refait surface et crie victoire

Quelques heures plus tôt, le chef politique du Hamas à Gaza Ismaïl Haniyeh, est sorti de sa cachette souterraine après s'être terré pendant plus de 51 jours pour s'exprimer en public après l'instauration du cessez-le-feu.

Haniyeh a déclaré la victoire, en affirmant "Chaque année, Gaza est plus forte et continue à soutenir la résistance, la route de Jérusalem et Al-Aqsa se ​​raccourcit et celle du retour des réfugiés s'est ouverte," devant des milliers de Gazaouis en liesse.

"L'évolution de la résistance par la mer, l'air et la terre est le résultat d'années de travail, au cours desquelles les préparatifs ont été faits pour l'opération en cours et la libération de Jérusalem, al-Aqsa et de la Palestine," a-t-il ajouté.

Sondage en chute libre

Le bilan de la guerre vient en écho de manière controversée dans le cadre de virulentes critiques à l'égard de Netanyahou émanant de tous bords de l'échiquier politique israélien, tant à droite qu'à gauche, avec pour conséquence une chute vertigineuse de sa cote de popularité.
Un sondage réalisé pour la 2è chaine télévisée Arutz 2 indique que 54% des Israéliens sont opposés à l'accord de cessez-le-feu élaboré sous médiation égyptienne. Près de 60% ont fait part de leur mécontentement quant à la gestion du conflit de Gaza par Netanyahou.

Lieberman en désaccord avec Netanyahou

Dans une publication sur sa page Facebook, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a réaffirmé mercredi son opposition à un accord avec le Hamas.

"Tant que le Hamas gouvernera dans la bande de Gaza, nous ne pouvons garantir la sécurité pour les citoyens israéliens ni aboutir à un accord diplomatique. Le Hamas n'est pas un partenaire. Nous ne pouvons ni ne devons faire confiance à des meurtriers sanguinaires. Nous nous opposons à un cessez-le-feu qui permettra au Hamas de se renforcer et de planifier une nouvelle guerre contre Israël quand bon lui semblera", a-t-il écrit sur le réseau social.

Critiques acerbes du chef de l'opposition

Le chef de l'opposition et président du parti travailliste Avoda Yitshak Herzog a réagi mercredi soir aux propos du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou lors d'une conférence de presse 24 heures après l'instauration d'un cessez-le-feu. Herzog a violemment attaqué Netanyahou. "Nous avons entendu ce soir un discours de victoire triste de la part du Premier ministre qui n'a pas su tirer profit des succès de l'armée. Netanyahou a perdu la confiance de l'opinion publique israélienne en particulier celle des habitants du Sud et des localités frontalières de la Bande de Gaza. L'armée a accompli sa mission, le gouvernement a échoué et nous allons oeuvrer en vue de le remplacer", a déclaré Yitshak Herzog.

2 Commentaires

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  • Frederic Borne
    28 Août 2014 - 10:42

    le hamas a telement ete surpris que dans les dernieres 24h00 il a tire 135 roquettes sur ISRAEL(netanyahou se trompe) .... perso je pense que a la fin de ce conflit on en etait au point de depart !
    ce nest pas du tout une victoire , les tunnels n ont pas tous ete detruit et les stock d arme toujours en place ! donc point de depart je pensais cette fois que ISRAEL allait aller au bout des choses et nettoyer une fois pour toute gaza du hamas avec une grande fermete


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  • Lilla Callot
    27 Août 2014 - 23:14

    Faudra-t-il de toute urgence ouvrir des camps de réfugiés pour juifs israéliens qui quittent en urgence les régions du Sud d’Israël ?

    Impensable au début du conflit Hamas-Israël. C’est devenu à présent une réalité. Des milliers de personnes se déplacent des zones de conflit et se réinstallent ailleurs. Des milliers de photos circulent sur Facebook montrant l’état dramatique de certaines familles qui cherchent des lieux d’accueil. Le Hamas a réussi au moins une chose : créer un sentiment de panique dans certaines localités.

    La région du kibboutz Nahal Oz (que nous avons visité récemment) est devenue un désert humain. Les petites villas sont abandonnées. Les écoles et jardins d’enfants sont vides. Un silence pesant règne sur des Kibboutzim situés autour de Gaza.

    Les chiffres (mensongers !) des services officiels parlent de 30% de personnes qui n’ont pas abandonné leurs habitations. En fait 95% des gens ont fuit la région. Le Gouvernement n’a rien prévu pour compenser en urgence les déplacés qui se débrouillent par eux mêmes. Incroyable pour un pays aussi intelligent !

    Selon The Times of Israel : "Tandis que de plus en plus de familles des communautés du Sud et des villes proches de la frontière avec Gaza choisissent de quitter la zone par crainte d’attaques de roquettes, le ministre de la Défense Moshe Yaalon a déclaré samedi que l’armée israélienne fournira une assistance aux civils pour faciliter leur déplacement vers le Nord.

    S’exprimant lors d’une visite dans les villes du Sud, Yaalon a déclaré que si les autorités n’enjoignaient pas spécifiquement aux résidents à proximité de l’enclave palestinienne d’évacuer leurs maisons, la décision de quitter la zone serait soutenue par le gouvernement".

    Selon l’AFP (Copyrights) : "Dans les localités israéliennes frontalières de Gaza, la guerre a transformé les maisons en champ de bataille et les champs en taupinières pour les tunnels du Hamas. Chez leurs habitants, après des semaines d’exil, la peur l’emporte sur l’envie de revenir.

    Le long de la frontière avec Gaza, près de 14.000 Israéliens vivent dans une vingtaine de kibboutz. Pendant cette guerre, une majorité d’entre eux a préféré fuir, confiant leurs maisons et leurs jardinets à l’armée qui y a installé ses campements. Lors d’un cessez-le-feu humanitaire l’armée avait autorisé les habitants à revenir chez eux. Ils sont revenus. Ils ont été accueillis par des missiles. Ils sont repartis.

    “On s’est réveillé un matin, l’armée s’était évaporée pendant la nuit alors que la guerre continuait et qu’on nous tirait dessus comme jamais. On était censés être là-bas à se promener comme des canards dans un stand de tir ?”, s’énerve Justin Becker, le sanguin de la bande. Cet éleveur porte un tee-shirt usé arborant un dessin de vache broutant sous les roquettes, le cynique emblème de Nahal Oz, où il se rend encore chaque jour malgré la guerre pour “tenir les murs”.

    Si Justin veut se battre pour faire revenir sa famille à la maison en sécurité, sa femme Ella Becker envisage, elle, d’abandonner ce lieu ou elle est née et a grandi, tout comme ses parents. “Même sans la guerre nous vivons toujours dans la peur constante de nos voisins”


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