Diplomatie & défense

Drapeaux d'Israël et de l'Union européenne

L’Union européenne et ses pays membres ont confirmé lundi leur décision de ne pas appliquer les accords entre l’UE et Israël dans les territoires disputés, au-delà de la ligne verte de 1967, malgré la campagne israélienne à l’encontre de cette décision.

“L'UE exprime son engagement à s’assurer - conformément au droit international - que tous les accords conclus entre l'Etat d'Israël et l'UE ne soient pas appliqués dans les territoires occupés par Israël en 1967. Cela ne constitue pas un boycott d'Israël auquel l'UE s’oppose fermement”, peut-on lire dans un communiqué.

Le long texte a été adopté par les 28 chefs de la diplomatie des pays de l'UE après une journée de négociations, alors qu'il devait initialement être validé sans débat à l'ouverture de leur réunion mensuelle à Bruxelles.

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Lors d'une ultime relecture du texte au plus haut niveau, le ministre grec Nikos Kotzias a notamment exprimé des réserves sur les références aux violences exercées par certains habitants des implantations israéliennes à l'encontre des Palestiniens, dont certaines ont été abandonnées, a précisé un diplomate.

Et son homologue polonais, Witold Waszczykowski, a refusé une formulation insistant sur l'unité de l'UE sur la question de l'étiquetage des marchandises issues des implantations israéliennes, comme prévu dans la législation européenne depuis 2012.

Des responsables israéliens ont indiqué que “les intenses efforts diplomatiques ont empêché la rédaction d’un texte compromettant chaque pays membre” de l’Union européenne. Le texte ne représente pas une nouvelle politique mais est simplement la confirmation d'une politique existante, ont indiqué des responsables européens et israéliens.

Tzipy Hotovely, vice-ministre des Affaires étrangères, a déclaré que “les Européens continuent de traiter le conflit israélo-palestinien de manière unilatérale. Ce texte ne réalisera que le contraire de ce qu'il espère atteindre.”

Le leader de l’opposition israélienne, Yitzhak Herzog a regretté la décision de l’UE qui selon lui ne fait que renforcer le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions). Yair Lapid, leader du parti centriste israélien, indique que la décision des ministres de l’UE “continue une ligne politique problématique qui veut intervenir dans les affaires internes d’Israël.”

“Cette décision essaie de déterminer les futures frontières et de créer une réalité sur le terrain”, ajoute-t-il.

Initialement prévu pour être relativement modéré, le libellé du projet s'est avéré de plus en plus dur à l'égard d'Israël à l'issue de la séance de jeudi au siège de l'UE à Bruxelles, selon de hauts responsables israéliens.

La dernière version du projet de résolution met l'accent sur la distinction faite par l'UE entre Israël et les implantations. "L'UE continuera explicitement à établir une distinction entre Israël et les territoires occupés par Israël en 1967", peut-on y lire.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou avait eu dimanche des entretiens avec des ministres des Affaires étrangères et des responsables de pays d'Europe de l'Est et des Balkans pour les persuader de s'opposer à la résolution formulée par le Conseil des Affaires étrangères de l'UE.

(avec AFP)

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