Diplomatie & défense

Elsa Lefort - Hamouri
Elsa Lefort est la femme du terroriste franco-palestinien Salah Hamouri et la fille d'un ex-député communiste

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Les autorités israéliennes ont refusé l'entrée à une Française mariée à un Palestinien détenteur de la nationalité française condamné à la prison par le passé, malgré un visa censé lui permettre d'exercer son travail dans un institut français à Jérusalem, a-t-on appris mercredi auprès des différentes parties.

Elsa Lefort a été bloquée le 5 janvier à l'aéroport de Tel-Aviv alors qu'elle rentrait de deux semaines en France et a finalement été refoulée le 7 janvier.

Elle est l'épouse de Salah Hamouri, un terroriste palestinien qui a passé près de sept ans dans une prison israélienne entre 2005 et 2011 pour avoir projeté l'assassinat du rabbin Ovadia Yossef, ex-grand rabbin d'Israël et chef spirituel du parti ultra-orthodoxe séfarade Shas.

Elle est également la fille de l'ancien député communiste Jean-Claude Lefort et président de l'association "France Palestine Solidarité" (AFPS). En juin 2015, ce dernier avait mis en garde les musulmans contre l'achat de produits casher.

Capture Twitter

Mme Lefort travaille depuis fin 2014 à l'Institut français du Proche-Orient à Jérusalem, un institut de recherche dépendant du consulat de France. A ce titre, elle disposait d'un visa dit "de service" délivré par les autorités israéliennes et garantissant normalement sa liberté de mouvement.

Le visa était théoriquement valable d'octobre 2015 à octobre 2016. Mais, quand elle est arrivée à l'aéroport de Tel-Aviv le 5 janvier, elle a été refoulée pour mise en danger de la sécurité de l'Etat d'Israël.

Les autorités israéliennes ont invoqué les liens de Mme Lefort avec Salah Hamouri, mais aussi les déclarations faites selon elles par Mme Lefort pour obtenir son visa de service.

Israël continue à considérer M. Hamouri comme un homme "dangereux", a dit le porte-parole des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon. M. Hamouri n'a recouvré la liberté que dans le cadre de l'échange d'un millier de prisonniers palestiniens contre le soldat franco-israélien Gilad Shalit, a-t-il dit.

Par ailleurs, Mme Lefort a obtenu son visa de service "sur la foi de déclarations qui ne reflétaient pas toute la vérité", a-t-il ajouté. Mme Lefort n'a pas dit aux autorités israéliennes qu'on lui avait refusé plusieurs mois auparavant un visa dit de réunification familiale avec M. Hamouri, a-t-il précisé.

Le ministère français des Affaires étrangères "suit avec beaucoup d'attention la situation de Mme Lefort, qui a fait appel de la décision d'expulsion", a indiqué une source diplomatique française.

Le ministère français, "par le biais notamment du consul général de France à Jérusalem, est en contact avec les autorités israéliennes pour essayer de trouver une solution", a-t-elle ajouté.

Le 13 mars 2005 Hamouri est arrêté par les autorités israéliennes à Kalkiliya. Il a acheté des armes et des munitions pour attaquer des cibles israéliennes à Jérusalem. Il est proche du Front populaire de Libération de la Palestine (FPLP).

Après avoir plaidé coupable, il est finalement condamné à la moitié de la peine qu’il encourait, soit sept ans d’emprisonnement, par le Tribunal militaire israélien de Judée, à Ofer , le 17 avril 2008 et libéré le 18 décembre 2011 dans le cadre de l'accord Shalit.

(avec AFP)

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