Politique

Le logo d'Uber affiché sur un smartphone pendant une manifestation de taxis à Bruxelles contre l'application, le 13 septembre 2015
L'entreprise fonctionne en Israël depuis 2014, mais Uber reste limité aux chauffeurs de taxi professionnels

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a échangé des paroles très dures avec le ministre des Transports, Yisrael Katz, au cours d'une dispute, qui a éclaté dimanche lors de la réunion du cabinet, concernant le service de covoiturage controversé Uber.

La querelle aurait commencé lorsque Katz s'est félicité de ses exploits en matière de déréglementation de l'industrie aéronautique, grâce aux avancées du traité Ciel ouvert avec l'Union européenne et la création d'aéroports privés pour briser le monopole détenu par le gouvernement dans le domaine de l'aviation.

L’Union Européenne avait officialisé en juin 2013 la signature d’un accord de Ciel ouvert avec Israël, qui devait entraîner l’accroissement des vols directs entre Tel-Aviv et le vieux continent et permettre d'adopter des réglementations similaires à celles en vigueur dans l’Union Européenne.

Cet accord avait déclenché une grève des compagnies aériennes El Al, Arkia et Israir, qui avait pris fin au bout de deux jours quand le gouvernement israélien avait consenti à augmenter sa prise en charge des coûts de sécurité, en partie payés par les transporteurs israéliens, alors que les compagnies étrangères n’y sont pas soumises.

Netanyahou a répondu à Katz que son soutien à la concurrence n'était pas allé jusqu'à donner suite à la demande faite par l'entreprise Uber dans le but d'étendre son activité en Israël.

"Vous me dites ça à moi? Moi, qui suis si ouvert à l'idée de concurrence? Uber ne me pose aucun problème, tant qu'il respecte la loi", a répondu Katz. "Mon travail n'est pas de prendre soin des capitalistes étrangers, mais des citoyens de l'Etat d'Israël. La concurrence doit être juste et efficace", a-t-il ajouté.

GPO

Selon le quotidien israélien Ha'aretz, Katz a fait allusion à une réunion tenue entre Netanyahou et le PDG d'Uber, Travis Kalanick, la semaine dernière lors du forum économique mondial de Davos, en Suisse tandis que Netanyahou aurait affirmé ne pas "connaître le PDG d'Uber".

La dispute arrive en même temps que la tentative de l'entreprise Uber de se rapprocher de manière officieuse du Likoud afin d'obtenir l'approbation du parti pour la laisser développer ses activités en Israël.

Uber fonctionne en Israël depuis 2014, mais l'entreprise reste limitée à l'utilisation de son service par les chauffeurs de taxi professionnels uniquement, mettant de côté l'originalité du produit, à savoir un système de covoiturage par des conducteurs particuliers.

Le président de l'Association des chauffeurs de taxi, Bar-Or Yehuda, a déclaré que la principale raison expliquant la forte opposition de l'association concerne "le manque de professionnalisme des conducteurs privés".

"Ils veulent introduire des non-professionnels avec une semaine de formation, alors que nous avons suivi une formation de 216 heures. Un chauffeur de taxi doit passer un test, même s'il possède déjà un permis de conduire, et doit bénéficier de l'encadrement d'un conducteur professionnel pendant 40 heures ", a-t-il expliqué.

En outre, se pose la question de la sécurité à laquelle Uber voulait répondre en proposant de laisser le ministère des Transports suivre sur écran les conducteurs avec des antécédents criminels, ayant fait l'objet d'infractions ou avec des problèmes de santé, comme cela est déjà le cas avant qu'il n'accorde un permis d'exercer aux chauffeurs de taxi.

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