Politique

Des manifestants demandant un boycott contre Israël
Netanyahou a salué l'initiative du gouvernement britannique qui refuse " la discrimination envers Israël"

Des responsables palestiniens ont fustigé la décision du gouvernement britannique mercredi qui empêche les autorités locales et les organisations du secteur public en Grande-Bretagne de boycotter les produits israéliens, en disant qu'elle entrave la "liberté de choix" et "cautionne l'occupation israélienne."

Les dirigeants de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et les dirigeants du Comité exécutif, Dr Hanan Ashrawi et le Dr Saeb Erekat ont rencontré le ministre britannique des Affaires du Moyen-Orient, M. Tobias Ellwood, lors de différents entretiens mardi et mercredi, après que l'OLP a publié un communiqué exprimant ses préoccupations.

"Nous sommes sérieusement préoccupés par la nouvelle 'orientation' de la Grande Bretagne qui entraînerait l'interdiction de toute forme d'achat éthique par les collectivités locales, les organismes publics et toute organisation recevant des fonds publics, y compris des syndicats étudiants," prononce la déclaration.

"En termes pratiques, cela signifie que ces organismes ne peuvent pas exercer leur droit démocratique et leur liberté de choix afin de ne pas être complice du projet de colonisation israélienne. Nous devons donc adopter une attitude positive, morale et juridique face à un tel crime de guerre" a -t-il poursuivi.

Suite à la décision du Bureau du Cabinet britannique qui a publié une déclaration dans laquelle il mentionne qu'en dehors de l'endroit où des sanctions pénales, des embargos et restrictions ont été imposées, les boycotts commerciaux par les pouvoirs publics sont "inappropriés", a rapporté Reuters.

Les boycotts "sapent les bonnes relations avec la communauté, ce qui affaiblit l'intégration et alimente l'antisémitisme", ajoute le communiqué.

Citant l'accord du gouvernement sur les marchés publics de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le gouvernement britannique a déclaré que tous les signataires, y compris la Grande-Bretagne doivent traiter les fournisseurs de façon égale, et que la discrimination contre les fournisseurs israéliens constituerait une violation de l'accord, a déclaré Reuters.

Les boycotts ne sont pas une infraction pénale en Grande-Bretagne, cependant, les institutions dans certains secteurs tels que les services de santé, des autorités locales et des associations d'étudiants universitaires pourraient faire face à des amendes, pénalités ou contrats annulés si elles choisissent de boycotter Israël.

L'OLP a déclaré que la loi "représente une grave régression dans la politique britannique et autoriserait l'occupation israélienne en envoyant un message d'impunité."

"Il est inacceptable pour tout gouvernement de soutenir la solution à deux Etats, tout en accordant l'immunité aux crimes israéliens, aux violations systématiques du droit international et aux résolutions de l'ONU. Ceux qui prétendent chercher la solution à deux Etats devraient tenir Israël responsable de détruire délibérément les perspectives de paix et devrait punir l'occupation israélienne plutôt que de la récompenser " a-il ajouté.

Pendant ce temps, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a rencontré le chef du Bureau du Cabinet britannique Matt Hancock à Jérusalem. Ainsi que le sous-secrétaire d'Etat parlementaire des Affaires étrangères Tobias Ellwood, l'ambassadeur britannique en Israël David Quarrey et un certain nombre de législateurs des deux pays ont également assisté à la réunion.

"Je tiens à féliciter le gouvernement britannique pour avoir refusé la discrimination contre Israël et les Israéliens et je vous félicite pour avoir défendu la seule véritable démocratie au Moyen-Orient" a déclaré Netanyahou

"Nous sommes une fois de plus accusés d'être la source de toute cette énorme instabilité autour de nous qui sévit dans le monde entier; on nous accuse d'être des meurtriers délibérés d'enfants et tant d'autres calomnies", a déploré Netanyahou.

Mercredi les législateurs conservateurs du Canada vont présenter une motion à la Chambre, qui non seulement rejette les objectifs du mouvement BDS, mais appelle également le gouvernement à "condamner toute tentatives par des organisations canadiennes, des groupes ou des individus de promouvoir le BDS à la fois ici et à l'étranger. "

Un débat est prévu jeudi, mais un vote final pourrait venir plus tard, indique le site Ottawa Citizen.

L'Union européenne a soutenu en novembre dernier l'étiquetage des produits provenant des implantations juives. Mais un certain nombre de pays de l'Union européenne, dont la Grèce et la République tchèque ont choisi de ne pas suivre les directives de l'UE.

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