Société

Bras tatoué d'un survivant de la Shoah
Des chercheurs israéliens révèlent que ceux qui sont nés durant la Shoah ont 41% plus de risques

Les survivants de la Shoah encourent un risque plus élevé de souffrir de schizophrénie que les gens qui n'ont jamais connu ce genre de traumatisme, révèle une nouvelle étude effectuée par des chercheurs de l'université de Haïfa en Israël.

Selon les conclusions des chercheurs, les survivants qui ont immigré en Israël ont été diagnostiqués comme souffrant de schizophrénie à un taux supérieur de 27% par rapport à la population arrivée dans le pays lorsqu'il était encore la Palestine mandataire à l'époque (entité pré-étatique d'Israël avant le 14 mai 1948, ndlr).

L'étude révèle également que les survivants de la Shoah conçus lorsque la mère a vécu la période de l'Holocauste et nés durant cette réalité sont 41% plus susceptibles d'être schizophrènes que les Israéliens d'origine européenne qui n'ont pas vécu cette période.

L'étude, intitulée "Exposition au génocide et risque de schizophrénie", a été publié dans la revue "Psychological Medecine".

Elle se fonde sur diverses bases de données, à la fois médicales et démographiques concernant plus de 114.000 Israéliens nés dans 22 pays européens de 1928 à 1945.

Elle sont fournies par les registres des ministères de la Santé et de l'Intérieur de 1950 à 2014.

L'étude a été menée sous la direction des professeurs Stephen A. Levine du département de Santé mentale communautaire de l'Université de Haïfa et tzhak Levav ainsi que du professeur Yaïr Goldberg du département des Statistiques.

"L'exposition à des traumatismes variés durant une longue période et les souffrances que les survivants ont endurées pendant la Shoah ont augmenté le risuqe de développer les sympomes de la schizophrénie, a confié le professeur Levine au joural Haaretz. "Dans notre littérature professionnelle il y a une polémique concernant l'influence de l'exposition à la Shoah. Il y a ceux qui estiment que ceux qui ont survécu à l'Holocauste sont plus forts et en meilleure santé et qu'on a pu ainsi anticiper qu'ils étaient une population à risque moindre de développer la schizophrénie. Mais il y a également ceux qui, au contraire, pensent qu'une exposition prolongée à un traumatisme extrême est un facteur de risque plus important de développement de la schizophrénie et cette étude soutient ce dernier argument", ajoute Levine.

L'hypothèse générale est qu'il ya une sorte de base génétique de la schizophrénie, cependant les scientifiques sont en désaccord pour déterminer dans quelle mesure les facteurs environnementaux influencent la maladie.

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Parmi le large éventail de facteurs de risque environnementaux, les scientifiques étudient actuellement les influences épigénétiques - influences sur l'expression des gènes dont la source est l'environnement et non le résultat de modifications à l'ADN.

Les 114.000 Israéliens qui ont été examinés (52% d'hommes et 48% de femmes) ont été dicisés en deux groupes.

Le premier a rassemblé ceux qui ont vécu directement la Shoah et immigré en Israël après la Deuxième guerre mondiale. Un groupe plus restreint comprenait des gens ayant immigré avant que la Shoah n'affecte leur pays d'origine mais qui y avaient laissé de la famille et des amis ayant survécu et qui, par conséquent, ont été indirectement exposés.

"La raison pour laquelle nous avons décidé d'étudier le lien avec la schizophrénie tient spécifiquement au fait que la validité du diagnostic de cette maladie par le ministère de la Santé est extrèmement fiable, même comparé à ceux d'autres maladies mentales", explique le professeur Levine.

C'est ainsi que les personnes ayant directement vécu la Shoah développent un risque de 27% plus élevé de cette maladie que les autres groupes exposés indirectement.

La plus haute probabilité se trouve chez ceux dont la mère a été enceinte durant cette période: ils sont 41% plus susceptibles que le groupe de contrôle de développer une schizophrénie.

"En général, la différence entre les groupes prend en compte l'hypothèse qu'il y avait un préjudice commis à l'égard des survivants de l'Holocauste qui s'exprime apparemment dans cette maladie. L'idée d'examiner le lien et son influence sur les survivants de la Shoah qui étaient dans les entrailles de leur mère durant la Shoah provient d'études scientifiques qui ont étbli que lorsque la mère et par conséquent le foetus, ont connu la famine, cela augmente le risque de développer la schizophrénie", a conclu le professeur Levine.

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