Société

A memorial for women murdered in Israel in 2016 is set up in Tel Aviv's HaBima Square on November 25, 2016 to mark international 'Eliminate Violence Against Women Day."
20 femmes ont été assassinées en 2016

Hoda Abu Sarari, Ilana Cohen ou encore Samira Ismail ne sont que quelques-unes des 20 femmes assassinées en 2016, dont les noms ont été lus à haute voix vendredi à la Place Habima de Tel-Aviv, pour marquer la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes.

En plus des femmes tuées, beaucoup d'autres ont subi des blessures physiques, émotionnelles ou des agressions sexuelles.

Les incendies qui sévissent dans le pays n'ont pas empêché les partisans des droits des femmes de sortir et de se souvenir de leurs sœurs déchues.

"Je suis heureuse que des femmes de tous secteurs de la société soient présentes pour essayer de s'exprimer", a déclaré la militante arabe-israélienne Jana à la foule. "La violence à l'égard des femmes est présente partout et ne fait pas de différence entre les races ou le statut social. Elle n'est pas exclusive à un groupe ou à une période de l'histoire car elle a lieu depuis toujours."

Jessi Satin/ i24news

L'ensemble de la population féminine israélienne était représentée au rassemblement : arabes, juives, éthiopiennes, russes, transgenres, russes, et même des hommes.

"Beaucoup de nos sœurs ont été victimes de la violence masculine", a-t-elle déclaré. "Mais maintenant grâce à vous, les gens sont plus sensibilisés sur la question. Nous avons encore beaucoup de travail mais nous en sommes qu'au début et nous espérons faire grandir la solidarité entre nous."

Certaines membres de la foule étaient visiblement émues, certaines essuyant des larmes tandis que d'autres se tenaient la tête pliée, ou s'embrassaient.

"Nous allons aller de l'avant et ce phénomène va diminuer", poursuit Jana. "Nous nous retrouvons ici à la mémoire de nos sœurs bien-aimées. Chacune a un nom et chacune a une histoire. Chacune a des amis et une famille qui ne les oubliera jamais."

"Que leur mémoire soit bénie ! mes sœurs, nous allons travailler ensemble afin que cette liste diminue chaque année." a-t-elle ajouté.

Shlomit, une autre intervenante, a demandé aux forces de l'ordre et au gouvernement de prendre les femmes plus au sérieux lorsqu'elles signalent des abus ou des incidents violents.

"Il y a de fortes chances qu'une des femmes de cette foule ait été victime de violence", dit Shlomit. "Les femmes font entendre leur voix pour demander de l'aide, mais elles ne sont pas abordées ou prises au sérieux." a-t-elle ajouté.

"La police ne parvient pas à s'attaquer aux premières étapes du problème qui sont les menaces et laissent ces femmes exposées au risque d'être tuées" a-t-elle déploré.

Jessi Satin/ i24news

Shlomit a appelé au rassemblement en faisant abstraction de la religion ou du statut social et de commencer à traiter le fléau comme une épidémie contre les femmes dans leur ensemble.

"C'est une tactique très facile de dépeindre certaines communautés comme violentes. Il est grand temps que nous commencions à exiger que les femmes soient égales entre elles parce que nous souffrons toutes du même problème, des mêmes hommes violents qui font leur propre loi."

"Une des solutions au problème serait d'enseigner la tolérance aux jeunes hommes. Si nous ne leur apprenons pas à être tolérants dès leur plus jeune âge, alors dans 10 ou 20 ans, nous serons toujours ici en comptant les femmes tuées", a-t-elle lançé.

Jessi Satin/ i24news

Un monument commémoratif a été inauguré en hommage aux 20 femmes tuées cette année. Chacune a sa photo, ou est representée par une image, un poème ou une lettre.

"Nous voulons que les gens prennent connaissance de leur histoire, pour que les gens parlent davantage sur le sujet", déclare la militante Elena Romanovsky à i24news.

"Beaucoup de femmes souffrent de différents types d'abus : à la maison, au travail, à différents endroits et la plupart d'entre nous n'en parlent pas."

"Je crois vraiment qu'au moment où nous commençons à en parler et à reconnaître que ce n'est pas seulement un problème individuel mais collectif, alors nous pourrons assurer à de nombreuses femmes qu'elles ne sont pas seules dans cette situation", a poursuivi Mme Romanovsky.

"Il y a d'autres femmes qui les comprennent et elles n'ont pas à avoir honte."

Jessi Satin est journaliste et photographe pour le site i24news en anglais

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