Société

Parmi 90 incendies soumis à une enquête, près d’un tiers sont d’origine criminelle

"Haïfa est l’unique endroit au monde où s’exerce une paix réelle entre Juifs et Arabes. Rien ne peut détruire cela", a confié lundi le maire de la ville, Yona Yahav à i24news.

La municipalité de Haïfa a été la zone la plus gravement touchée par les incendies, près de 200 habitants sont aujourd'hui sans-abris, et 1.784 logements ont été touchés dont 572 ne sont plus habitables.

"Il y a de vastes dégâts dans l’ensemble, environ 2.500 dunams (250 hectares) au total. Nous n’avons jamais fait face à ce type de dommage", a souligné Yahav.

AFP/Jack Guez

D’après le maire de Haïfa, même si les feux ont tous été maîtrisés, il reste beaucoup de travail pour remettre la ville sur pied.

"Le ministre des Finances est un habitant de Haïfa, cela devrait aider (...) Ce n'est pas simple mais je suis sûr que nous trouverons une solution", a-t-il ajouté.

La totalité des incendies maîtrisés mais Israël reste en alerte

Les autorités israéliennes ont déclaré lundi avoir éteint la totalité des incendies qui ont ravagé Israël au cours des cinq derniers jours et conduit à l'évacuation de près de 100.000 personnes, affirmant que la grande majorité des départs de feux étaient d’origine criminelle, rapporte lundi Arutz 7.

"Il ne reste plus de foyers actifs (…) Depuis la nuit dernière (samedi) la situation reste plutôt calme. Aucune nouvelle activité n’a été déclarée", a affirmé dimanche le porte-parole des pompiers Yoram Levy.

Les pompiers ont dû faire face à près de 2.000 départs de feu dans tout le pays selon Levy, dont 20 foyers majeurs. Tous seraient désormais neutralisés, mais le pays reste en état d’urgence au vu des vents forts et du temps sec persistant.

Ahmad Gharabli (AFP)

Aucun décès lié à ces événements n’a été déclaré, mais les responsables des services d’urgence font état de 122 personnes hospitalisées pour des blessures, principalement dues à l’inhalation de fumée.

Par ailleurs, la police israélienne a annoncé dimanche l'arrestation de 37 personnes, dont 18 Arabes israéliens, soupçonnées d'être à l'origine d'incendies criminels, au cours des derniers jours. Certains suspects auraient avoué des "revendications nationalistes".

Les autorités ont également déclaré que sur 90 feux enquêtés, près d’un tiers (entre 30 et 40 incidents) étaient d’origine criminelle ont rapporté les médias israéliens.

Compensations

Le ministre israélien de la Sécurité publique, Gilad Erdan, a affirmé samedi que le pays était dorénavant confronté à nouveau type de terrorisme, déjà surnommé par les médias comme "l’intifada du feu".

AFP

Le même jour, une députée du Likoud a suggéré de soumettre au Parlement israélien (Knesset) un projet de loi visant à considérer les incendies criminels comme des actes terroristes.

Le gouvernement ne s’est pas encore prononcé sur cette proposition, mais si ces incendies criminels sont effectivement reconnus comme étant des actes terroristes, cette décision pourrait avoir des conséquences économiques majeures pour le pays.

L’État hébreu serait alors dans l’obligation de verser des compensations financières à toutes les personnes ayant subi des pertes liées à ces crimes incendiaires, a précisé lundi le site d’information Haaretz.

Le site rapporte également que si le gouvernement s’abstient de voter ce projet de loi, les frais des dommages devront alors être versés uniquement par les compagnies d’assurances aux personnes couvertes.

D’après les premières estimations, les dégâts liés à ces incidents sont estimés à des centaines de millions de shekels.

Les compagnies d’assurances israéliennes ont indiqué samedi que le montant des dommages de leurs assurés s’élevait à 22 millions de shekels (5.3 millions d'euros), et que 500 demandes de dédommagement avaient déjà été reçues.

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