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L'Eglise orthodoxe de Jérusalem dénonce une décision de la justice israélienne

Le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem Théophile III à la procession des rameaux de Pâques à l’église du Saint sépulcre, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 9 avril 2017
(Crédit : Gali Tibbon/AFP PHOTO)
L'affaire remonte à 2004 quand trois entreprises ont acquis trois bâtiments de l'Eglise grec-orthodoxe

L'Eglise grecque-orthodoxe de Jérusalem a dénoncé une décision de la justice israélienne, rendue le 1er août dernier, qui est venue confirmer la légalité et la validité de contrats immobiliers controversés conclus entre les responsables de l'Eglise et une organisation juive sur la vente de biens dans le quartier chrétien de la Vieille ville de Jérusalem.

Le Patriarche Théophile III de Jérusalem a assuré au cours d'une rare conférence de presse à Amman que l'Eglise ferait appel devant la Cour suprême israélienne de ce jugement qu'elle considère "partial" et "politique".

Dans un jugement prononcé le 1er août, le tribunal de district de Jérusalem a maintenu la validité des baux emphytéotiques conclus entre l'Eglise et l'organisation israélienne Ateret Cohanim, œuvrant pour la construction d'implantations juives à Jérusalem-est, soulignant qu'il n'y avait pas de preuves de corruption, selon la presse israélienne.

Cette décision de justice "a dépassé toutes les limites, elle ne peut être expliquée que par des motifs politiques", a souligné samedi Théophile III dans la capitale jordanienne.

Il a dénoncé un jugement qui "non seulement affecte le patriarcat mais frappe aussi le cœur du Quartier chrétien de la Vieille ville et aura certainement des effets négatifs sur la présence chrétienne en Terre sainte".

Une affaire politico-religieuse

L'affaire remonte à 2004 quand trois entreprises liées à Ateret Cohanim ont acquis dans le cadre d'un bail emphytéotique trois bâtiments de l'Eglise grec-orthodoxe dont l'hôtel Petra et l'Imperial Hôtel ainsi qu'un immeuble résidentiel dans le secteur de la Porte de Jaffa.

Cette acquisition avait provoqué la colère parmi les Palestiniens et entraîné la destitution en 2005 du patriarche Irénéos Ier, prédécesseur de Théophile III.

© THOMAS COEX / AFP

L'Eglise avait engagé des poursuites contre l'organisation israélienne, affirmant que ces acquisitions avaient été conclues illégalement et sans son autorisation.

La bataille en justice a duré plusieurs années et le jugement rendu le 1er août est le dernier rebondissement de longs démêlés politico-religieux et financiers qu'a connus le Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, souvent critiqué par les Palestiniens pour la vente de ses biens fonciers à Israël.

L'Eglise grecque orthodoxe compte près de 200 millions de membres à travers le monde. Ses fidèles en Israël et dans les Territoires sont estimés à quelque 90.000 et elle constitue la principale communauté chrétienne en Terre sainte.

Le patriarcat de Jérusalem a été fondé en 451 par le concile de Calcédoine et possède de nombreux biens, en particulier fonciers, en Israël, Cisjordanie, Jordanie et dans les pays voisins.

(avec agence)

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