Sport

Un athlète à l'atelier du village des athlètes à Rio de Janeiro lors de Jeux paralympiques
Depuis les Jeux d'Athènes, Ottobock est devenu le réparateur officiel des Jeux paralympiques

Dans un vaste hangar au coeur du village des athlètes à Rio de Janeiro, des dizaines de fauteuils roulants attendent en ligne d'être réparés. Pendant les Jeux paralympiques, tous les équipements malmenés par les sportifs sont chouchoutés dans un atelier de réparation.

"Cela ressemble un peu à un hôpital pour les prothèses", s'amuse l'athlète péruvien José Luis Casas dans la salle d'attente de ce vaste espace installé par le fabricant Ottobock.

A travers des vitres transparentes, cet ancien militaire amputé de la jambe gauche regarde des techniciens, en polo vert et pantalon gris à l'effigie de la firme allemande, s'affairer pour réparer lames de course en carbone, prothèses en plastique ou encore fauteuils roulants dans un brouhaha de perceuses.

Ce coureur, qui participe dimanche au 200 m, est venu faire des ajustements sur sa lame de course. "Je ne connaissais pas cet endroit, c'est super", dit-il.

Depuis Séoul en 1988, Ottobock, numéro un mondial des prothèses, collabore avec le mouvement paralympique. Depuis les Jeux d'Athènes, il est devenu le réparateur officiel des Jeux paralympiques, d'été comme d'hiver.

300 pieds en plastique, 70 lames en carbones, des milliers de vis, clous et boulons... Elle a acheminé dix-huit tonnes de matériel et dépêché 77 techniciens d'une trentaine de pays pour les Jeux de Rio.

Gratuitement et pour des équipements de n'importe quelle marque ils fixent, réparent, ressoudent, améliorent et parfois même remplacent le matériel endommagé.

"On reçoit beaucoup de fauteuils après les matchs de rugby et de basket, des sports plutôt violents. Mais aussi les fauteuils roulants de tous les jours, plus utilisés", explique l'une des attachées de presse de l'entreprise.         

Fractions de seconde

Plus de 80% des réparations concernent les fauteuils, 15% des prothèses et le reste des produits esthétiques.

L'escrimeur italien Alberto Andrea Pellegrini, amputé d'une jambe, est venu chercher une protection pour éviter les coupures pendant les compétitions sur son membre endommagé.

"J'ai toujours besoin de quelque chose. A chaque édition je viens, ils ont tout ici", dit ce sportif, neuf fois médaillé paralympique. 

Le temps d'attente est de 30 à 45 minutes, selon Derek Johnson, technicien américain en mission à Rio. "Quand ils arrivent ici, les athlètes ont besoin d'aide. On évalue d'abord leurs besoins et ensuite on estime le temps qu'il nous faut pour les réparations".

Et il faut faire vite: "ils nous confient leur moyen de déplacement, leur outil pour gagner", ajoute-t-il.

Depuis le début de cette XVe édition des Jeux paralympiques d'été, qui se sont ouverts le 5 septembre et vont durer jusqu'au 18, Ottobock a déjà effectué plus de 1.200 réparations.

"Pour nous les coureurs, la biomécanique est très importante. Une mauvaise position d'angle peut nous faire perdre quelques fractions de seconde à l'arrivée. Les millièmes de seconde sont importants quand on fait de la vitesse, il faut faire très attention aux détails, surtout dans les prothèses car la technologie est très avancée", explique José Luis Casas.

Le Péruvien, blessé par une mine lors d'une opération militaire en 2012 et amputé deux ans plus tard, s'estime "chanceux" car le gouvernement de son pays a pris en charge ses frais médicaux et tous ses équipements, qui coûtent chacun plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Dans sa position, Derek Johnson voit parfois des différences entre les équipements des athlètes des pays riches et ceux des pays les plus pauvres, mais il l'assure: "on utilise le même matériel pour tous, des pneus de taille standard pour les fauteuils roulants, du plastique et de la fibre de carbone. Tout est haute technologie".

"J'adore construire des choses et le plus beau ici, c'est qu'on construit des choses qui aident les gens", conclut-il. 

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