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Depuis lundi, le club d'Ariel figure dans un rapport publié par l'ONG Human Rights Watch

L'Ariel City Football Club, équipe israélienne de l'implantation du même nom, est accusée avec la Fifa de "cautionner la confiscation de terres palestiniennes".

Ariel, comme cinq autres clubs des 3e, 4e et 5e divisions israéliennes, considérées comme semi-professionnelles, joue ses matches à domicile en Cisjordanie.

Depuis lundi, le club d'Ariel figure dans un rapport publié par l'ONG Human Rights Watch sur le football dans les implantations.

"C'est drôle de voir notre équipe, notre toute petite équipe, faire la une des journaux à travers le monde", a déclaré la semaine passée en marge d'un entraînement, Shay Bernthal, le président du club.

L'ONG accuse la Fifa de cautionner le "vol" de terres palestiniennes en acceptant que des matches organisés par la Fédération israélienne de football se jouent en Cisjordanie.

En reconnaissant ces rencontres disputées sous l'égide de l'un de ses membres, "la Fifa soutient indirectement l'existence des colonies", et contribue à des violations du droit humanitaire international et des droits de l'Homme, a souligné HRW.

"La Fifa ternit le magnifique jeu de football en permettant la tenue de matches sur des terres volées", a déclaré Sari Bashi, responsable local de l'ONG de défense des droits de l'Homme.

HRW presse le président de la Fifa, Gianni Infantino, de faire cesser ces matches. Soixante-six membres du Parlement européen ont lancé un appel similaire aux instances internationales du football.

THOMAS COEX (AFP)

Ben Haddad, un responsable du club du Beitar Maale Adoumim, dans l'une des plus importantes implantations de Cisjordanie, juge le procès "absurde".

"Les enfants risquent d'être les premiers à en payer le prix s'ils n'ont plus le droit de prendre une licence israélienne", dit-il. La Fédération israélienne déplore par ailleurs que le foot "soit embarqué du terrain de sport au terrain politique".

HRW cite l'exemple du club du Beitar Givat Zeev qui joue sur un terrain construit près de la ville de Beitounia.

"A cause de la colonisation et de la barrière de sécurité construite par Israël, les enfants (palestiniens) de Beitounia n'ont pas assez d'espace pour construire un stade de foot", affirme le maire sortant de la ville, Ribhi Dola.

A la demande de la Fédération palestinienne, la Fifa a créé en 2015 une commission censée se pencher sur la question des implantations et sur la liberté de mouvement des joueurs palestiniens.

La commission devrait présenter l'avancement de ses travaux au comité exécutif d'octobre, a indiqué un porte-parole de la Fifa. La question "continuera à être discutée entre toutes les parties", a-t-il ajouté.

Shay Bernthal assure que son équipe va continuer à jouer sans se préoccuper de politique. Ariel a disputé et remporté 4-1 samedi son premier match de la saison, avec deux nouvelles recrues, les frères Mohammed et Youssef Daher.

"Je n'ai jamais trouvé la situation bizarre, je n'ai jamais eu l'impression de venir jouer dans une colonie", dit Youssef Daher, gardien de but. "J'ai complètement oublié que nous sommes en guerre. J'ai l'impression que c'est ma ville".

Mohammed et Youssef Daher appartiennent à la communauté des Arabes israéliens. Les Arabes israéliens représentent en 2015 environ 20.7 % de la population d'Israël, soit environ 1.757.600 personnes. Selon les principes fondamentaux de la démocratie israélienne, ces citoyens ont les mêmes droits que les autres Israéliens.

(Avec agences)

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