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Une image fournie le 7 janvier 2016 par le groupe Nature montre des théropodes, un groupe de dinosaures qui comprend notamment le fameux Tyrannosaure
Le réchauffement aurait rendu l'écosystème plus vulnérable lors de l'arrivée de la météorite

Le long règne des dinosaures n'a pas été mis KO d'un seul coup par la chute d'une météorite il y a 66 millions d'années: cet événement a été précédé par un changement climatique lié aux volcans, soulignent mardi des chercheurs.

A la fin du Crétacé, les dinosaures non aviaires et les trois quarts des espèces de la planète ont été rayés de la carte. Une extinction de masse dont les causes continuent à faire débat parmi les scientifiques.

Des chercheurs ont cherché à comprendre ce qui s'était passé à ce moment-là sur l'île Seymour, située dans l'Antarctique.

Dix des 24 espèces de mollusques présentes sur l'île se sont évanouies bien avant la chute de la météorite sur le Yucatan (Mexique), souvent présentée comme la grande responsable de l'éradication des dinosaures, souligne une étude.

La disparition de ces dix espèces est concomitante des immenses éruptions volcaniques du Deccan (ouest de l'Inde), qui ont provoqué le rejet d'énormes quantités de cendres, de poussières mais aussi de dioxyde de carbone dans l'air, selon cette étude parue dans Nature Communications.

L'extinction des 14 autres espèces de mollusques est en revanche contemporaine du moment où la Terre a été frappée par cet objet venu du ciel, à la fin du Crétacé. L'impact a lui aussi déclenché un réchauffement climatique.

"Nous avons établi que les extinctions de masse de la fin du Crétacé avaient été provoquées par une combinaison d'activité volcanique et de l'impact de la météorite, assénant un +double coup de poing+ aux dinosaures", indique Sierra Petersen de l'Université du Michigan (Etats-Unis), co-auteur de l'étude.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé la composition chimique de 29 coquillages fossilisés qui vivaient dans la période comprise entre 65,5 millions d'années et 69 millions d'années sur l'île Seymour.

L'équipe de scientifiques a établi que les températures de l'océan antarctique avaient augmenté d'environ 7,8 degrés Celsius après des éruptions volcaniques dans l'ouest de l'Inde, qui ont duré des milliers d'années et ont répandu des gaz toxiques dans l'air.

Le thermomètre a de nouveau augmenté soudainement de 1,1 degré Celsius environ 150.000 ans plus tard, correspondant à la chute de la météorite de Chicxulub au Mexique.

"Ces nouvelles données permettent d'établir un lien direct entre le volcanisme, les événements consécutifs à l'impact de la météorite et le processus d'extinction - ce lien étant le changement climatique", ajoute Sierra Petersen.

Le réchauffement climatique dû aux volcans "pourrait avoir accru les pressions sur l'écosystème, le rendant plus vulnérable lors de l'arrivée de la météorite", en déduisent les chercheurs.

L'équipe apporte ainsi sa pierre au débat sur la plus impressionnante extinction de masse à avoir frappé la Terre. Un débat qui n'est pas terminé.

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