La médaille du Nobel russe de la paix vendue plus de 100 millions de dollars pour les enfants ukrainiens

AFP

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Dmitri Mouratov reçoit le prix Nobel de la paix le 10 décembre 2021 à Oslo en Norvège
Odd Andersen/AFPDmitri Mouratov reçoit le prix Nobel de la paix le 10 décembre 2021 à Oslo en Norvège

M. Mouratov a remporté le prix Nobel de la paix en 2021, aux côtés de la journaliste philippine Maria Ressa

Dmitri Mouratov, rédacteur en chef russe du journal d'investigation indépendant Novaïa Gazeta, a vendu lundi aux enchères sa médaille de prix Nobel de la paix 103,5 millions de dollars, au profit des enfants déplacés par le conflit en Ukraine.

Le montant de cette vente à New York, décrochée par un enchérisseur au téléphone dont l'identité n'a pas été dévoilée, sera reversée au programme de l'UNICEF consacré aux enfants ukrainiens déplacés par la guerre, selon Heritage Auctions, qui s'est chargé de la vente.

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Lorsque l'offre finale est tombée, augmentée de dizaines de millions de dollars par rapport à la précédente, la salle a été prise de stupéfaction, y compris M. Mouratov lui-même. "Je suis comme vous à cet égard", a-t-il déclaré à l'AFP, s'exprimant par l'intermédiaire d'un traducteur après la vente.

A propos de son choix de l'UNICEF comme bénéficiaire des fonds, il a répondu: "Il est essentiel pour nous que cette organisation n'appartienne à aucun gouvernement. Elle peut travailler au-dessus des gouvernements. Il n'y a pas de frontières pour elle".

M. Mouratov avait remporté le prestigieux prix en 2021, aux côtés de la journaliste philippine Maria Ressa, le comité les honorant "pour leurs efforts visant à préserver la liberté d'expression".

Le journal Novaïa Gazeta a annoncé fin mars suspendre ses publications en ligne et au format papier en Russie jusqu'à la fin de l'intervention en Ukraine, en plein durcissement du Kremlin contre les voix dissonantes.

Dmitri Mouratov faisait partie d'un groupe de journalistes qui ont fondé Novaïa Gazeta en 1993 après la chute de l'Union soviétique. Avant la suspension de ses opérations, le journal était le dernier à exprimer des critiques envers le président russe Vladimir Poutine.

Novaïa Gazeta est notamment connu pour ses enquêtes sur la corruption et les atteintes aux droits humains en Tchétchénie. 

Cet engagement a coûté la vie à six de ses collaborateurs depuis les années 1990, dont la célèbre journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée en 2006. Dmitri Mouratov a dédié son prix Nobel à leur mémoire.

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