Le réalisateur Roman Polanski renonce à présider les César

Le choix, pour présider la cérémonie des César, de Roman Polanski, accusé de viol, a suscité un appel au boycott sur les réseaux sociaux et un tollé chez des associations féministes
LIONEL BONAVENTURE (AFP/Archives)
Des associations féministes avaient déclenché une vive polémique contre sa nomination

Le réalisateur franco-polonais Roman Polanski a renoncé à présider la cérémonie des César en raison de la polémique, qu'il a jugé "injustifiée", déclenchée par des associations féministes contre sa nomination, selon un communiqué publié mardi.

Ces associations, qui ont lancé une pétition pour sa destitution, dénoncent le choix du réalisateur qui avait été poursuivi en 1977 en Californie pour le viol d'une adolescente de 13 ans.

Cette polémique a "profondément attristé Roman Polanski et atteint sa famille" et le réalisateur "a décidé de ne pas donner suite à l'invitation" des organisateurs, ajoute le communiqué de son avocat Me Hervé Temime.

Elle est "alimentée par des informations tout à fait erronées", souligne l'avocat. "Rappelons que Samantha Geimer (l'adolescente, ndlr) a elle-même depuis très longtemps soutenu les démarches judiciaires entreprises par Roman Polanski pour régulariser sa situation vis-à-vis des Etats-Unis, et réclamé à ses côtés l'abandon définitif des poursuites", précise-t-il.

CHARLY TRIBALLEAU (AFP/Archives)

"La justice suisse puis la justice polonaise ont refusé de faire droit aux demandes d'extradition des Etats-Unis. Ces décisions ont établi qu'il avait bien exécuté la peine qui avait fait l'objet d'un accord entre toutes les parties à l'époque, procureur et avocat de Samantha Geimer inclus. C'est donc d'une manière totalement injustifiée que cette polémique a surgi", ajoute-t-il.

Le choix du réalisateur comme président de cette cérémonie, la plus prestigieuse du cinéma français, avait également été condamné par la ministre des droits des Femmes, Laurence Rossignol. 

Sa collègue au gouvernement, la ministre de la Culture Andrey Azoulay, s'était en revanche abstenue de critiquer la désignation du réalisateur multi-récompensé du "Pianiste", de "Tess" ou de "Rosemary's Baby".

La tension était montée d'un cran lundi avec un appel à manifester devant le restaurant Le Fouquet's où doivent être annoncées mercredi les nominations.

Commentaires

(1)

il a bien compris qu'il n'est pas le bienvenu dans ce genre d'évènement antisémite.

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