Décès d'Emmanuelle Riva, actrice française audacieuse et libre

L'actrice française Emmanuelle Riva, le 22 février 2013 à la cérémonie des César, à Paris
PATRICK KOVARIK (AFP/Archives)
La comédienne est morte vendredi à Paris "des suites d'une longue maladie"

L'actrice française Emmanuelle Riva, célèbre pour ses rôles dans "Hiroshima mon amour" d'Alain Resnais et "Amour" de l'Autrichien Michael Haneke, s'est éteinte vendredi à l'âge de 89 ans après un long combat contre le cancer.

La comédienne est morte vendredi à Paris "des suites d'une longue maladie", selon cet entourage, confirmant une information du journal Le Monde.

"Jusqu'au bout, elle a été active", a souligné son agent Anne Alvares Correa. L'automne dernier, l'actrice avait ainsi donné une lecture à la Villa Médicis, prestigieuse institution artistique française à Rome, a-t-elle rappelé.

Emmanuelle Riva avait aussi tourné assez récemment dans un film, "Paris Pieds nus" de Fiona Gordon et Dominique Abel, qui doit sortir en mars sur les écrans. Elle avait aussi participé à un film islandais qui n'est pas encore sorti.

"Emmanuelle Riva a profondément marqué le cinéma français qu'il s’agisse, avec Hiroshima mon amour (...) d'invoquer une mémoire blessée ou, avec Amour (...) d'évoquer la fin de la vie", a réagi le président François Hollande dans un communiqué.

"Au cinéma comme au théâtre, sa carrière est attachée à la naissance de nouvelles écritures dont celles de Marguerite Duras et de Jean-Pierre Melville. Elle créait une émotion intense dans tous les rôles qu'elle interprétait", a relevé M. Hollande.

STRINGER (AFP/Archives)

Visage harmonieux, silhouette élancée, Emmanuelle Riva captivait par sa voix et sa diction.

"Emmanuelle Riva était une femme bouleversante, une artiste à l’exigence rare. C'est une voix inoubliable qui s’en va. Une voix habitée par l'amour des mots et de la poésie", a pour sa part déclaré Frédérique Bredin, présidente du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC).

Dans "Hiroshima mon amour" (1959) où elle interprète une actrice française éprise d'un architecte japonais après la Seconde Guerre mondiale, "sa voix s'emparait du texte de Marguerite Duras", a déclaré à l'AFP Gilles Jacob, ancien président du Festival international de Cannes. "Elle en faisait une chose unique, comme une espèce de cantate religieuse".

"La voix d'Emmanuelle Riva disant tu me tues, tu me fais du bien dans ce film est inoubliable", a-t-il ajouté.

Emmanuelle Riva avait reçu en 2013 le César (les "Oscars français") de la meilleur actrice pour le film "Amour", qui avait permis sa redécouverte par le grand public.

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