Les Oscars entrent en scène, "La La Land" favori, la politique au rendez-vous

Préparatifs de la 89e cérémonie des Oscars à Hollywood, le 23 février 2017
FREDERIC J. BROWN (AFP)
Jimmy Kimmel a dit que son monologue inaugural serait "au moins à 50% consacré" à Trump

Le rideau se lève dimanche sur les Oscars, la plus grande soirée de l'année à Hollywood, avec la comédie musicale "La La Land" grande favorite, Isabelle Huppert dans la course et beaucoup de déclarations politiques attendues.

La 89e cérémonie de remise des prix les plus prestigieux du cinéma américain démarrera à 17h30 locales (01h30 GMT) au Dolby Theatre de Los Angeles, en Californie, après le défilé des stars en tenue de gala sur le tapis rouge, l'un des temps fort annuels de la mode.

C'est l'animateur Jimmy Kimmel qui sera aux manettes -après avoir déjà présenté les Emmy Awards- pour cette auto-célébration du septième art diffusée dans le monde entier.

En lice pour 14 trophées, "La La Land", véritable déclaration d'amour à la cité des Anges écrite et réalisée par Damien Chazelle, a déjà égalisé le record de nominations de "Titanic" et "Eve" après un score historique de 7 prix aux Golden Globes.

Damien Chazelle, prodige de 32 ans, pourrait quant à lui devenir le plus jeune cinéaste sacré meilleur réalisateur. 

Son film rend hommage aux artistes et à Hollywood et pourrait avoir séduit les membres de l'Académie des arts et sciences du cinéma, qui votent pour les Oscars, comme d'autres opus consacrés à leur industrie auparavant, à l'instar de "The Artist" et "Argo".

Egalement très en vue, "Moonlight", drame intimiste et bouleversant sur un jeune garçon noir qui grandit dans un quartier difficile auprès d'une mère toxicomane, concourt lui pour 8 statuettes dont celles de meilleur film, meilleur réalisateur (Barry Jenkins) et meilleurs seconds rôles féminin (Naomie Harris) et masculin (Mahershala Ali, favori).

Ben STANSALL (AFP/Archives)

Stone contre Huppert

Tourné pour seulement 1,5 million de dollars, il a triomphé samedi aux Spirit Awards, qui priment le cinéma indépendant.

"Manchester by the sea", de Kenneth Lonergan, est un autre chouchou de la saison des prix et son interprète Casey Affleck est en tête des pronostics pour le titre de meilleur acteur, dans le rôle d'un homme dépressif soudainement forcé de s'occuper de son neveu. 

Celui qui s'affranchit définitivement de l'ombre de son célèbre ainé Ben Affleck a été sacré aux Spirit Awards samedi.

Denzel Washington, déjà seul afro-américain avec deux Oscars à son actif, confortera sa place dans l'histoire s'il en obtient un troisième.

Viola Davis, qui lui donne la réplique dans "Fences", adaptation d'une pièce d'August Wilson, est anticipée comme lauréate du second rôle féminin.

Quant à Emma Stone, elle est largement en tête des paris pour le prix de meilleure actrice.

La star de "La La Land" incarne Mia, jeune comédienne qui tombe amoureuse de Sebastian, un pianiste de jazz puriste (Ryan Gosling, lui aussi en compétition).

La pétillante rousse de 28 ans aux yeux turquoises aura notamment pour rivales Natalie Portman, magistrale "Jackie" Kennedy, et Isabelle Huppert pour le sulfureux "Elle".

L'Oscar est le seul trophée qui manque à l'impressionnant palmarès de la Française de 63 ans qui a déjà empoché un Golden Globe, un Spirit et un César pour son interprétation virtuose d'une femme violée qui traque son agresseur.

"C'est l'indépendance qui fait gagner l'art", a déclaré la française en recevant son Spirit samedi, avant d'ajouter en coulisses: "On peut se rebeller avec l'art, c'est ce que j'aime".

bertrand GUAY (AFP)

Boycottage iranien

Après deux années où l'Académie avait été vertement critiquée pour sa sélection d'acteurs uniformément blanche, six interprètes noirs étaient en lice cette année, un record, et 4 des 5 finalistes de la catégorie documentaires sont Noirs. 

Une certitude: la politique pourrait se frayer une tribune sur la scène du Dolby, beaucoup d'artistes étant ouvertement opposés au président Trump.

Annonçant peut-être la couleur, Casey Affleck a notamment lancé dans son discours aux Spirit Awards que "les politiques de cette administration sont horribles et (...) anti-Américaines".

Jimmy Kimmel a dit au quotidien New York Times que son monologue inaugural serait "au moins à 50% consacré" à l'hôte de la Maison Blanche.

Kevin Winter (Getty/AFP)

L'Iranien Asghar Farhadi, réalisateur du "Client", une co-production française bien placée pour le prix du meilleur film en langue étrangère, a lui décidé de boycotter la cérémonie, tout comme son interprète Taraneh Alidousti. 

Ils ont ainsi voulu manifester leur réprobation du décret migratoire visant sept pays musulmans, dont l'Iran, signé le mois dernier par le président républicain et suspendu depuis par les tribunaux.

D'après le magazine Variety, Farhadi se fera représenter par deux scientifiques irano-américaines de renom.

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