De Prague aux robots: le musée du Judaïsme révèle la modernité du Golem

le Golem
Wikipédia
La légende raconte qu'un rabbin aurait fabriqué une créature d'argile pour soulager et protéger les Juifs

De la légende de Prague à la figure pop-culture de Hulk, le musée d'art et d'histoire du Judaïsme revient sur la figure ancestrale du Golem et interroge sa modernité, dans une nouvelle exposition.

"Golem !" présente cet "être d'argile animé à l'aide de lettres sacrées", figure mythique de l'histoire juive qui remonte au Moyen-Âge et popularisée au 19e siècle par la légende de Prague. Celle-ci raconte qu'un rabbin aurait fabriqué une créature d'argile (le golem) pour soulager et protéger les Juifs.

Mais on trouve au fil de l'exposition des œuvres très récentes, où "dialoguent 'haute-culture' et pop-culture": des peintures côtoient des figurines de Hulk, des comics de Juifs américains ou encore des jeux vidéo comme "The Witcher" ou "Fullmetal Alchimist".

Si la figure du Golem continue d'inspirer les artistes, c'est parce qu'elle véhicule "des questionnements plus que jamais d'actualité", selon Ada Ackerman, commissaire de l'exposition.

Le célèbre auteur juif américain Elie Wiesel, décédé le 2 juillet dernier, avait notamment rédigé en 1983 un ouvrage illustré intitulé "le Golem", narrant la naissance au sein de la communauté juive de Prague, alors en proie à de cruelles persécutions, de la créature artificielle à forme humaine. 

NYTimes

Sa dernière partie est consacrée à ce que le musée parisien considère comme la "descendance du Golem" : les robots.

Dès le Moyen-Âge, les kabbalistes juifs et chrétiens s'interrogent: quelles implications morales et éthiques lorsqu'on donne vie à un Golem, c'est-à-dire un être à l'image de l'homme créé pour servir ?

Ces questionnements sont toujours valables aujourd'hui: êtres inanimés qui s'animent sous la volonté du savant, le robot comme le Golem peuvent être une figure protectrice ou un être destructeur qui se retournerait contre son créateur.

Peintures, objets, planches de BD, installations lumineuses, mais aussi extraits de films, de jeux vidéo ou de pièces de théâtre : les 136 œuvres présentées offrent une multiplicité des supports qui rendent l'exposition très ludique.

Le cinéma, ce "médium golémique" qui anime la matière inanimée, est particulièrement à l'honneur avec plus d'une douzaine de films et des projections organisées en marge de l'exposition.

"Golem : avatars d'une légende d'argile" sera visible jusqu'au 26 juillet.

Commentaires

(0)
8Article précédentThéâtre: un "ego" très prometteur à Tel Aviv
8Article suivantDe Prague aux robots: le musée du Judaïsme révèle la modernité du Golem