Depuis New-York, Claude Lelouch parle de cinéma et d'amour sur i24NEWS

"Les gens ne sont pas très obéissants en France. Tout le monde veut commander mais personne ne veut obéir"

Le réalisateur français Claude Lelouch à l'honneur du festival "Focus on French Cinema" 2017, qui célèbre pour la 13ème année les films français du monde entier, était l'invité dimanche depuis New-York de Jean-Charles Banoun sur i24NEWS.

Cette légende du cinéma français est revenu sur les thèmes qui lui sont chers: le temps qui passe, le cinéma et l'amour… mais aussi la France et les Français tels qu'il a voulu les montrer dans son dernier film "Chacun sa vie", sorti en France le 15 mars dernier.

"Le seul critique qui compte c'est le temps qui passe. Et ce temps qui passe a l'air de me donner raison donc je suis fou de joie de voir que cinquante ans après les gens sont émus, rient et pleurent aux même endroits", a déclaré Claude Lelouch au sujet de son film le plus célèbre "Un homme et une femme".

Interrogé sur le succès toujours d'actualité de ce film sorti en 1966 et sur son apport dans le domaine du cinéma international, Lelouch a répondu en mettant en avant les "très bonnes" relations qu'il entretient avec les réalisateurs américains.

"Il y a cinquante ans, quand ce film est sorti j'ai reçu plein de témoignages de metteurs en scène américains qui me disaient qu'ils allaient changer un peu leur façon de filmer car ce film leur avait ouvert des possibilités de liberté, des parfums de liberté, qu'ils allaient utiliser", a expliqué le réalisateur.

Et d'ajouter au sujet du cinéma: "Je ne sais rien faire d'autre. Je suis très admiratif de Woody Allen et nous faisons la courses tous les deux parce que je crois qu'il est à 46 films ou 47 et moi je suis à 47 aussi. Je pense que nous sommes des cinéastes qui avons besoin de tourner. C'est vrai que quand je m'arrête de tourner j'ai le sentiment de mourir un tout petit peu".

Claude Lelouch, né en 1937 d'un père confectionneur juif du quartier du Sentier et d'une mère qui s'est convertie au judaïsme pour l'épouser, a commencé sa carrière en tournant des reportages journalistiques. Il est aujourd'hui le père de sept enfants.

"Je ne suis rien d'autre qu'un reporter. Je suis plus un metteur en vie qu'un metteur en scène, et comme j'aime la vie, comme je l'observe, toutes mes observations font que chaque année j'ai la chance de pouvoir faire un film sur ces parfums de vie", a-t-il confié à i24NEWS.

"Cela fait 80 ans que j'observe ce monde avec tous ces changements et à travers mes films, j'essaie de parler aux gens curieux de ce monde mais aussi à mes enfants… je profite de mes films pour leur parler", a indiqué Lelouch.

"Les battements du cœur sont toujours les mêmes..."

Dans son dernier film "Chacun sa vie", il a choisi de parler de plusieurs histoires d'amour, des tranches de vie et des destins liés par le hasard ou la coïncidence, sur fond de festival de jazz à Beaune, en Bourgogne. "C'est comme ça que je vois les français", a-t-il livré depuis New-York.

Selon lui, "les gens ne sont pas très obéissants en France. Tout le monde veut commander mais personne ne veut obéir". "C'est pour cela que j'aime ce pays et que les français plus que les autres ont les qualités de leurs défauts", a-t-il souligné.

En 2015, cinquante ans après le tournage d'"Un homme et une femme", couronné par deux Oscars, il déclarait déjà: "Rien ne m'intéresse plus que l'amour!".

"Tout ce qui touche le cœur ne bouge pas. Depuis la nuit des temps ce qui n'a pas fait de progrès c'est l'amour. Les gens qui regardaient "Un homme et une femme" il y a cinquante ans et les gens qui le regardent aujourd'hui reçoivent les même informations, c'est cela qui est formidable", a-t-il expliqué dimanche sur i24NEWS.

"Qu'est-ce que c'est qu'aimer: c'est être capable d'aimer quelqu'un d'autre plus que soit même. Donc quand on a la chance de basculer dans une histoire d'amour on devient un peu plus généreux… et c'est formidable de voir que malgré tout ce qui a été inventé depuis cinquante ans, les battements du cœur sont toujours les mêmes lorsque quelqu'un vous sourit", a-t-il conclu.

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