Quantcast i24NEWS - Pétition contre le "Focus sur Israël" au FIPA: "amalgame entre art et politique"

Pétition contre le "Focus sur Israël" au FIPA: "amalgame entre art et politique"


"Les signataires veulent punir des créateurs avec des méthodes qu'ils prétendent combattre"

L'ambassadrice d'Israël en France a rappelé dans un courrier adressé mercredi à la présidente du Festival International des programmes audiovisuel (FIPA), que la loi française interdit le boycott, après que des dizaines de cinéastes internationaux ont protesté contre le choix de la FIPA de s'associer avec le gouvernement israélien pour un "focus sur Israël".

Après l’Australie, l’Espagne et le Canada, le FIPA, qui se tient tous les ans à Biarritz, a décidé de consacrer cette année son focus 2018 à la scène audiovisuelle israélienne du 23 au 28 janvier, mettant en avant des séries à succès telles que Homeland, In Treatment, et Fauda.

Mais ce focus a provoqué l’ire d’une centaine de professionnels du cinéma, dont le réalisateur Ken Loach.

Dans une lettre ouverte publiée mardi dans l'Humanité, 100 professionels de l'audiovisuel ont dénoncé "cette complicité". 

"Nous, cinéastes et professionnel-le-s de l'audiovisuel, souhaitons exprimer notre profonde préoccupation devant le fait que le festival FIPA, par son initiative "Focus sur Israël", choisisse de s'associer avec le gouvernement israélien et l'Ambassade d'Israël, alors que ce pays non seulement poursuit, mais intensifie l'occupation, la colonisation et le nettoyage ethnique du peuple palestinien", ont-ils déclaré.

"Quel message signifie ce partenariat officiel quand des dizaines d'enfants comme la jeune Ahed Al Tamimi sont incarcéré-e-s dans les prisons militaires et quand des centaines de Palestinien-ne-s sont emprisonnés sans jugements depuis des années pour certains?", poursuit la lettre.

Les cinéastes ont demandé aux organisateurs du FIPA, "au regard de l'agressivité actuelle d'Israël dans ses attaques contre les civils palestiniens et leurs infrastructures, de reconsidérer leur relation avec le gouvernement d'Israël, et de retirer leur partenariat avec le ministère israélien des Affaires étrangères et l'Ambassade d'Israël en France", puisqu'il existe selon eux, "d'autres moyens de soutenir des réalisateurs israéliens ou de projeter des productions israéliennes que de traiter avec un Etat qui se place hors du droit et des conventions internationales".

Interpelée par cette publication, l'ambassadrice d'Israël en France, Aliza Bin-Noun, a dénoncé la démarche des signataires, indiquant qu'"en exigeant que le festival mette fin au Focus d'Israël, pour les raisons détaillées dans leur lettre", ils appellent selon elle, "au boycott d'Israël. Or la loi française interdit le boycott, et rend ainsi leur demande illégale". 

"En outre, cet appel repose sur un amalgame entre art et politique", a-t-elle estimé.

"Les signataires de cet appel s'érigent en juges et en censeurs dans un domaine qui est synonyme de liberté, désigne une population à l'opprobre et veulent punir les créateurs pour les agissements de leurs dirigeants, en recourant finalement à ces méthodes-mêmes qu'ils prétendent combattre", a-t-elle pour sa part dénoncé.

L'ambassadrice a par ailleurs répété que "le différend avec les Palestiniens relève d'un problème interne qui ne peut être résolu que par des négociations directes entre les deux parties". 

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