Une cité s'embrase, la France au bord de la guerre civile: "Athena" arrive sur Netflix

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L'acteur français Anthony Bajon, l'acteur français Dali Benssalah, l'acteur français Sami Slimane, le réalisateur français Romain Gavras présentent Athena
MARCO BERTORELLO / AFPL'acteur français Anthony Bajon, l'acteur français Dali Benssalah, l'acteur français Sami Slimane, le réalisateur français Romain Gavras présentent Athena

Le nouveau film de Romain Gavras montre l'insurrection d'une cité comme une tragédie antique

Un nouveau film choc sur la banlieue: Romain Gavras livre vendredi sur Netflix une oeuvre fracassante et hautement politique, "Athena", qui montre l'insurrection d'une cité comme une tragédie antique et imagine la France sombrer dans la guerre civile.

Ce film, en forme de cri d'alarme sur l'engrenage de la violence, suit pendant une funeste journée le destin de trois hommes qui vont tomber, après la mort de leur plus jeune frère apparemment victime d'une bavure policière, dans une machine à broyer que rien ne semble pouvoir arrêter.

Dans une cité au bord de l'explosion, tandis qu'Abdel (Dali Benssalah), engagé dans l'armée, tente de calmer les esprits et d'en appeler à la justice, que l'aîné Moktar (Ouassini Embarek), dealer patenté, ne cherche qu'à protéger son business, le benjamin, l'impétueux Karim (Sami Slimane), appelle les "petits" à se soulever.

Pris dans l'engrenage de la violence, qui conduira à l'enlèvement d'un CRS, joué par Anthony Bajon, tous trois courent à leur perte. Le tout sur fond de provocations de néo-nazis.

"L'idée, c'est de ne pas avoir des méchants et des gentils, c'est plus complexe que ça", a déclaré le réalisateur. "Il y a un mal qui est fait au début du film et c'est le destin qui vient tout ravager", a-t-il ajouté.

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Marco BERTORELLO AFPLe réalisateur français Romain Gavras à la Mostra de Venise, le 10 septembre 2022

Le film, tourné en banlieue parisienne à Evry, fait le pari d'une esthétique entre "Gladiator" et "Apocalypse Now" et ne prétend à aucun réalisme. Certaines séquences resteront gravées dans les mémoires: l'assaut d'un commissariat, la défense d'une cité aux airs de château-fort médiéval défendu par des hordes de jeunes armés...

Deux ans après la sortie du polémique "Bac Nord", accusé de faire le jeu de l'extrême droite en montrant une vision réductrice et "pro-police" des cités, c'est un tout autre regard, qui promet lui aussi de diviser, qu'"Athena" porte sur la banlieue.

Le fils du pape du cinéma engagé Costa-Gavras livre en effet une charge politique explosive. Même si le réalisateur de 41 ans, qui avait fait polémique il y a une quinzaine d'années avec un clip ultra-violent pour le groupe de musique Justice, se défend d'avoir fait un film "à thèse".

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