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"Otages à Entebbe": le récit de l'opération israélienne porté à l'écran et présenté à la Berlinale

Libération des otages israéliens de l'opération Entebbe 1976
Archives Tsahal

Déjà porté plusieurs fois à l'écran, l'opération israélienne d'Entebbe en 1976 est l'objet d'un nouveau film du Brésilien José Padilha (réalisateur de la série "Narcos") qui s'écarte de la seule version militaire pour offrir plusieurs points de vue sur cette opération spectaculaire entrée dans l'histoire.

"Otages à Entebbe" ("7 Days in Entebbe") a été présenté lundi soir à la la Berlinale, le Festival du film international de Berlin (hors compétition), là où le réalisateur avait remporté l'Ours d'or il y a dix ans pour son très musclé et controversé "Troupe d'élite".

"J'ai fait énormément de recherche car l'histoire officielle est du point de vue militaire", a expliqué Padhila lors d'une conférence de presse.

Le 27 juin 1976, un avion d'Air France qui effectuait la liaison Tel-Aviv-Paris via Athènes a été détourné par des combattants liés à la cause palestinienne. L'appareil a dû se poser à Entebbe, avec l'autorisation du président ougandais de l'époque, Idi Amin Dada.

Les pirates de l'air avaient menacé de faire exploser l'avion si 53 militants retenus en Israël et dans quatre autres pays n'étaient pas libérés. Après des négociations entre le président ougandais et les preneurs d'otages, une partie des passagers avaient été libérés, mais les pirates avaient gardé une centaine de personnes, toutes israéliennes ou de confession juive.

Optant pour une narration éclatée, Padilha s'attache autant aux passagers qu'aux hommes politiques en Israël devant décider de l'action à mener (il filme l'affrontement feutré entre le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et le ministre de la Défense de l'époque, Shimon Peres).

A l'époque, le gouvernement israélien fit mine de négocier et sembla sur le point de céder aux exigences des pirates de l'air avant d'entreprendre cette opération militaire d'envergure.

Dans la nuit du 3 au 4 juillet, un commando de troupes d'élite israéliennes a atterri par surprise à Entebbe et pris d'assaut l'aéroport afin de libérer les otages. Le commando a tué les sept pirates de l'air et 20 soldats ougandais. Tous les otages avaient été libérés, à l'exception d'une septuagénaire, abattue sur les ordres d'Idi Amin Dada dans l'hôpital où elle avait été transférée avant le raid.

(Uri Herzl Tzchik/IDF Spokesperson's Unit/Defense Ministry Archives)

Le film illustre "combien il est difficile pour un homme politique de négocier". Et, "dans le conflit actuel (israélo-palestinien) il est difficile de négocier, c'est toujours vrai", a-t-il souligné.

Il s'attarde également sur les preneurs d'otages (deux Palestiniens et deux militants d'extrême-gauche allemands, interprétés par Daniel Brühl et Rosamund Pike).

Interrogé sur ce choix qui pourrait heurter, le réalisateur a insisté sur le fait que "les terroristes ont une conscience (et) sont des êtres humains", même "mauvais".

Pour préparer ce long-métrage, basé sur un livre, il s'est aussi rendu en Israël et a rencontré d'anciens otages d'Entebbe.

Pour la scène du raid en elle-même, il a réalisé un montage audacieux entre la séquence militaire à proprement parler et une séquence de danse moderne, ayant de fortes ressemblances avec l'opération.

Présent lundi à Berlin, l'ingénieur-mécanicien de l'avion d'Air France Jacques Lemoine a apporté tout son soutien au film, devant la presse. "Nous étions trois générations à le regarder et notre avis était unanime: ça correspond très bien à ce qui s'est passé".

Le film est attendu mi-mars aux Etats-Unis et le 25 avril en France.

A (re)voir: Le témoignage de l'ex-otage Tzipi Taijchner

Commentaires

(2)

surtout qu'à l'époque ils n'avaient pas encore le prétexte des colonies ou Jérusalem. baratin palestinien.

je n'irai pas voir ce film pour voir les terroristes avoir une conscience .... tu parles. Je préfère le point de vue militaire.

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