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"Elie sans interdit": Y a-t-il aujourd'hui des "thèmes tabous" dans le cinéma en France?

Le réalisateur Elie Chouraqui, le 5 septembre 2015 à Deauville
CHARLY TRIBALLEAU (AFP/Archives)

Le cinéaste Radu Mihaileanu, la réalisatrice Danièle Thompson et l'auteur Joann Sfar étaient invités dans "Elie sans interdit" pour débattre autour des "thèmes tabous" dans le cinéma en France.

Les trois invités ont entamé leur réflexion à partir du film "Les Aventures de Rabbi Jacob", qui à l'époque abordait plusieurs thèmes sensibles comme l'antisémitisme, la répression et un climat particulier où "des types un peu basanés courent après des Juifs", comme l'a rappelé Eli Chouraqui.

"Il n'y a pas une seule réplique ou une seule scène de ce film qui ne nous ait pas tout à coup mis face à une sorte de vertige, où nous nous sommes dits: 'mon Dieu, mon Dieu, qu'est-ce qu'on fait et est-ce qu'on peut dire ça'", a confié Danièle Thompson.

"On pensait principalement à la communauté juive alors que ça, ça changerait aujourd'hui, c'est-à-dire que les 'méchants marchouches' – qui sont quand même des gens d'un pays inventé du Maghreb – ne nous avaient à l'époque pas posé de problème et qui aujourd'hui sont au cœur même de la préoccupation", a-t-elle ajouté.

La réalisatrice a également raconté comment, à la sortie du film "en pleine guerre de Kippour" en 1973, elle s'est retrouvée la nuit dans Paris pour enlever les affiches par peur de provoquer des réactions à la vue de l'image de "de Funès avec ses papillotes".

"L'époque est tellement différente aujourd'hui, ne serait-ce qu'avec internet, twitter, le fait que tout le monde s'exprime… maintenant la question qui se pose à nous, c'est est-ce qu'avec cette époque, on peut toujours s'exprimer et est-ce qu'on peut s'exprimer avec les mêmes inquiétudes ou avec des inquiétudes différentes", a commenté Radu Mihaileanu.

"Ce qui m'inquiète, c'est que Charlie hebdo soit le centre du débat sur le religieux en France. Que Charli Hebdo fasse ce qu'ils veulent et c'est formidable, mais le débat sur le sacré et sur la religion doivent avoir lieu également ailleurs. Et quand je lis dans divers journaux que cela est le cœur du débat, ça me préoccupe", a surenchéri Joann Sfar.

Danièle Thompson a également fait remarquer que notre époque a généré une nouvelle forme d'autocensure dans la mesure où aujourd'hui "le monde entier est spécialiste", ce qui engendre une limitation de l'expression par crainte de voir "une phrase me poursuivre toutes la vie sur tous les réseaux sociaux".

Pour revoir l'émission dans son intégralité:

Commentaires

(1)

Bonsoir. Je viens de voir l’émission d’Éli Chouraqui, avec les réalisateurs. Vous vous étes demandé pourquoi Taddei recevait aussi souvent Tarik Ramadan, à l’époque. Je pense qu’il fait parti de ces « idiots utiles » journalistes et présentateurs de télé, mais Tarik Ramadan, à fait de l’entrisme, et c’était pour lui une véritable volonté, en se présentant comme le seul « islamologue « à l’époque, de la même manière que l’UOIF avait donné les mêmes consignes à ses adhérents , de s’infiltrer partout . Il y avait eu à l’époque un reportage qui montrait une de leur réunion dans laquelle on entandait trés clairement ce discours. Ils ont trés bien reussis malheureusement, et on les a bien aidé! Merci pour vos émissions, c’est toujours un plaisir de les voir. Cellie Faivre Corse Sud

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