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Tel Aviv prête à célébrer la 10ème édition de sa "Nuit Blanche"

Tel Aviv célèbre cette année la 10ème édition de la "Nuit Blanche" ("Layla Lavan" en hébreu)
Capture i24NEWS

Fidèle à sa réputation de ville qui ne dort jamais, Tel Aviv célèbre cette année la 10ème édition de la "Nuit Blanche" ("Layla Lavan" en hébreu): une occasion de découvrir lors d'une pérégrination nocturne les hauts lieux de la culture israélienne, les artistes qui l'incarnent, mais aussi de mettre à l'honneur la diversité venant d'autres horizons.

Les principales institutions ouvriront leurs portes au public de même que les commerces, les discothèques et les bars resteront également ouverts jusqu'à l'aube pour accueillir tout un tas d'événements musicaux, artistiques, culinaires, cinématographiques ou encore de la danse, comme au centre Suzanne Dellal à Neve Tsedek et à la plage Gordon.

Une petite balade de nuit s'impose donc à commencer par le célèbre boulevard Rothschild et la rue Bialik au bout de laquelle la place du même nom sera le théâtre d'installations interactives et de performances - en provenance de sept pays membres de l'Union européenne - se déclinant sur le thème "Follow the Stars" (Suivre les étoiles).

"Le but de cet événement est de célébrer les cultures européennes, c'est une plate-forme qui permettra à ces pays d'exposer ensemble sous l'égide de l'UE, des spectacles, des artistes et des performances de leur pays et de les faire découvrir au public israélien", déclare Amit Youlzari, directeur artistique, à i24NEWS.

The EU Delegation to Israel, Beit Ha'ir and the Municipality of Tel-Aviv-Yafo

"Pour la plupart de tous les artistes que nous avons faits venir ces quatre dernières années, il s'agissait de leur première fois à Tel Aviv, et ils avaient hâte de venir. Ils sont vraiment heureux d'avoir reçu cette invitation car Tel Aviv est une ville qu'ils ont toujours voulu explorer sans jamais en avoir l'occasion", ajoute-t-il.

Il souligne par ailleurs qu'"aucun de ces artistes que j'ai contacté depuis quatre ans n'a refusé de venir pour des raisons politiques comme le BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) et je pense que c'est aussi une grande réussite".

Originalité interactive de la soirée: le public pourra faire danser Beit Ha'ir, l'ancienne mairie de la ville, à l'aide de capteurs, de kinects et de projections sur la façade du bâtiment.

Construire des ponts au sein de la société israélienne

A l'autre bout de la rue King George, plus au nord, plusieurs événements à ne pas manquer: la cinémathèque propose des projections en plein air, la place Habima présente des spectacles de cirque "Cabaret Total" et de théâtre de rue, tandis que la place Rabin se transforme en piste de danse géante le temps d'une "headphones party".

Pour ceux qui voudraient s'éloigner des grandes artères, à quelques minutes de la place Rabin, le centre culturel Brodt dans la rue Zeitlin, ouvrira ses portes dans le cadre d'un concert unique de la star du rock israélien Berry Sakharof.

"Cette année nous avons décidé de participer à la Nuit Blanche suite à l'approche très émouvante de la famille Rosenfeld, dont le fils Malachi a été tué dans une attaque terroriste, il y a 3 ans. Il était très impliqué dans le projet de savoir comment trouver dénominateur commun pour rassembler la société israélienne", explique Shira Sivan-Monsonego la directrice de l'Institut Brodt, à i24NEWS.

"Il s'avère qu'il a été tué le 29 juin, ce qui correspond à peu près à la même date que la Nuit Blanche. Ses parents voulaient qu'en sa mémoire se poursuive cette idée de combler les fossés dans la société israélienne. Ils voulaient aussi que ça se passe à Tel Aviv car ils pensent que c'est vraiment l'endroit où les choses se passent et où on peut construire des liens".

Ronen Lelna, Yossi Tzveker, Adam Newby

La soirée débutera par une discussion sur le sujet "ce qui nous rassemble": des participants de différents milieux y prendront part dont un membre de la communauté Haredi, une personnalité de la société civile, une personne travaillant avec les Bédouins du Néguev, mais aussi Sarah Rosenfeld, la mère de Malachi, très active au sein d'organisations promouvant le dialogue.

"Et après, nous aurons la performance de Berry Sakharof. Sa performance est intéressante parce qu'il prend les Piyoutim (ancien texte des livres des prières) mais il y apporte des ajustements plus modernes. Il a un projet très connu qui s'appelle Hadumey Hasefatot (Lèvres Rouges) dans lequel il reprend le texte du poète de l'âge d'or en Espagne, Salomon ibn Gabirol", continue-t-elle.

Et de préciser: "nous cherchions quelqu'un qui apporterait cette touche de quelque chose qui rassemble un public de religieux mais aussi un public laïc. Berry incarne cette combinaison, tout le monde l'aime".

Déambuler jusqu'à Jaffa

Avec la Nuit Blanche, Tel Aviv commémore chaque année l'inscription de la "ville blanche" au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 2003 pour sa collection unique de bâtiments de style Bauhaus. Toutefois, les festivités ne se limiteront pas au centre de sorte qu'il sera possible de déambuler même jusqu'à Jaffa.

Pour les amoureux de la langue hébraïque et des expériences hypnotiques, le chanteur Gilad Kahana proposera à Gan HaPisga - le point culminant de Jaffa surplombant la ville au nord, à l'est et à l'ouest - une performance unique à ne pas manquer, mélange d'improvisation, de visions oniriques et de l'expression du flux de sa propre conscience.

Daniel Polevoy

"J'appelle ça +lutter contre le présent+. J'essaie quand je suis sur scène d'ouvrir la bouche et de laisser les mots sortir sans réfléchir, d'une certaine manière c'est essayer de devenir de plus en plus un médium et de moins en moins moi-même", insiste Gilad kahana.

"Je ne viens pas sur scène avec quelque chose d'écrit, je viens avec des amorces. J'ai beaucoup d'objets de la pensée en tête et j'essaie de les vivre sur scène, de les écrire devant un public, de le dire en paroles. Et je le fais toujours sur un rythme: la musique est toujours impliquée parce que la musique est comme un véhicule, je l'écoute et je la laisse m'emporter", dit-il encore.

La Nuit Blanche sera également l'occasion de se rendre à "La Station" (HaTachana), l'ancienne et première gare construite au Moyen-Orient en 1892, qui accueillera la chanteuse franco-israélienne Riff Cohen, une chance de venir découvrir les nouvelles sonorités de son prochain album.

"Tous ceux qui veulent savoir ce qui va se passer avec ma musique peuvent venir à la Tachana et voir tout ce qui s'y passe. Cette année, j'ai travaillé sur mon troisième album: j'ai mis un petit peu plus de musique électronique et des influence hip hop. Et toujours un mélange de musique moderne avec des influences de musique nord-africaine mais dans plusieurs variations", confie Riff Cohen à i24NEWS.

Tomer Gilat

"La scène underground est un aspect intéressant à Tel Aviv parce que les gens peuvent sortir ici jusqu'à 4h du matin. Toujours on découvre davantage de nouvelles scènes et toujours plus underground. C'est quelque chose de fascinant dans cette ville. Et je pense que dans d'autres villes, comme en France à Paris, c'est devenu plus dur de se permettre d'être underground", ajoute-t-elle au sujet du foisonnement culturel de la ville.

Une occasion donc de découvrir une pléiade d'artistes, aux styles inimitables, emblématiques du mélange des cultures, comme le groupe Anna Rf, qui se produira également à la Tachana.

"Nous appelons notre musique Electro-Ethnic-Raggae. Si vous voulez bouger votre corps, venez voir notre concert. Nous sommes totalement enthousiastes à l'idée de participer à la Nuit Blanche... C'est un événement super festif qui dure toute la nuit et que nous attendons depuis l'année dernière", conclue Mira Bira, le manager du groupe Anna Rf, dont le sentiment est indéniablement partagé chaque année par de nombreux telaviviens.

Nathalie Boehler est journaliste et rédactrice web pour le site internet français de i24NEWS

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