Quantcast i24NEWS - Ce weekend, Jérusalem ouvre les portes secrètes et atypiques de ses nombreux bâtiments

Ce weekend, Jérusalem ouvre les portes secrètes et atypiques de ses nombreux bâtiments

La Maison Hansen fait partie des lieux que les visiteurs pourront découvrir lors de l'événement Batim MiBifnim
Natan Dvir

Dans le bucolique quartier de la Moshava Yevanite, la ‘Colonie grecque’ en français, une petite maison en plain-pied se fait remarquer par ses volets verts fluo. Clouée sur la porte du domicile, une petite plaque de métal rectangulaire où est inscrit le nom de son ancien propriétaire. L'homme s'appelait Photias Efklides. Il fût le premier directeur de l'hôpital municipal de Jérusalem, construit sous l'autorité ottomane.

"Cette maison a traversé plusieurs époques, jusqu'à la création de l’Etat d’Israël", explique Anastas Damianos, l’actuel gardien des lieux. "A la fin du XIXème siècle, il y avait une très forte présence grecques dans la ville", raconte l’homme, pour qui la ville sainte n’a aucun secret. "Cette maison raconte à elle seule une histoire hiérosolymitaine par excellence", ajoute-t-il, montrant les nombreux documents officiels, photos de famille ou encore certificats, accrochés sur les murs du salon de la maison ancienne.

Ce lieu chargé d’histoire n’est habituellement pas ouvert au public. Mais ce weekend, Anastas fera une exception. Dans le cadre de l’événement Batim MiBifnim ('Les maisons, de l’intérieur'), il partagera son savoir avec les nombreux curieux invités à visiter la résidence du docteur Efklides, samedi de 10h à 13h.

Natan Dvir

Cette initiative, qui a débuté en Angleterre il y a presque 20 ans sous le nom "Open House", a été importée en Israël par Aviva Levinson. "Mon mari architecte a découvert ce concept lors d’un voyage aux Etats-Unis. Il a tout de suite été très emballé, et m’a parlé de cette idée", raconte l’Israélienne, qui habite à Tel Aviv. Il y a 12 ans, Aviva lance le projet Batim MiBifnim dans la ville blanche. "Nous avons commencé avec 70 maisons, l’idée était de pouvoir montrer au public des endroits qui sortent de l’ordinaire", explique-t-elle.

Face au succès de l’initiative, cette dernière a été élargie aux municipalités de Haïfa et de Jérusalem. C’est d’ailleurs dans la ville sainte que se dérouleront les visites ce weekend, pour le plus grand plaisir d’Aviva Levinson. "Ici, nous sommes au cœur de l’histoire, les maisons sont bâties avec des pierres particulières, on voit beaucoup de beige...", explique-t-elle.

Parmi ses coups de cœur, un bâtiment historique situé dans le quartier huppé de Talbiya. L’édifice est un ancien hôpital, qui servait de clinique externe et abritait à la fin du XIXème siècle le centre national pour la maladie de Hansen, plus connu sous le nom de la lèpre. "Des patients vivaient dans cet endroit, enfermés entre ses murs", raconte Aviva Levinson. "Certains Israéliens me racontent qu’à l’époque, lorsque les gens approchaient de la Maison Hansen, ils se mettaient à courir, de peur d’être contaminés. Ils ne savaient pas du tout ce qui se trouvait à l’intérieur des lieux. Le fait que le bâtiment soit aujourd'hui ouvert au public est très excitant!", raconte l’organisatrice de Batim MiBifnim.

Natan Dvir

Reconvertie en centre d’art et de design en 2013, la Maison Hansen est aujourd'hui accessible à tous, cependant, ce n’est pas le cas de la majorité des lieux proposés à la visite ce weekend.

Un partage du patrimoine

"Les 364 jours de l’année restants, la plupart des endroits ne sont pas ouverts au public", explique Aviva Levinson. Si certaines institutions et musées sont au programme de l’événement 2018, de nombreux lieux sont des habitations privées. Ces dernières attirent plusieurs milliers de visiteurs lors de chaque édition de Batim MiBifnim.

"La maison est un endroit dans lequel nous vivons quotidiennement. C’est un lieu qui joue sur nos émotions, notre perception des choses, nos expériences…", explique l’architecte Alon Ben Nun. "Il est important que les gens comprennent l’environnement dans lequel ils vivent. On n’y fait pas toujours attention, et c’est dommage", précise l’Israélien, co-organisateur de l’événement.

Parmi ses coups de cœur, l’Institut Van Leer, un centre d'étude et de discussion interdisciplinaire situé dans le quartier de Kyriat Shmuel. "C’est un très beau bâtiment qui a été récemment rénové. Grâce à son architecture, il y souffle désormais un vent nouveau", estime Alon Ben Nun. Vendredi, à 11h, l’un des concepteurs des lieux proposera au public une visite guidée, accompagnée d’une lecture sur le sujet.

Aviad Bar Ness

Que ce soit l’exposition "Hamsa 555 Times" au Musée d’Art Islamique, la visite alternative du quartier de la Mamilla et de ses graffitis ou encore un passage par le laboratoire de conservation des manuscrits de la mer Morte, les activités, quelles qu’elles soient, sont totalement gratuites.

Car pour les organisateurs d’Open House, le partage est une des valeurs phares de l’initiative. "C’est un événement social et alternatif. L’idée est que les portes des bâtiments soient ouvertes à tout le monde, car cela fait partie du patrimoine de l’humanité", explique Aviva Levinson.

Et pour que tout cela soit possible, Batim MiBiftim s’appuie sur environ 120 volontaires cette année. Anastas Damianos sera l’un des leurs ce weekend. "A chaque édition, les gens viennent devant la maison du docteur Efklides et font la queue", confie le gardien des lieux. A l’approche des visites, qui lui permettront de "raconter un chapitre de l’histoire", il se réjouit: "Plus de 1.000 personnes sont attendues !".

L’événement Batim MiBifnim a lieu à Jérusalem du 18 au 20 octobre 2018. Certaines visites sont en accès libre, d’autres sur réservation. Retrouvez le programme complet en cliquant ici.

​Laura Jeanneau est journaliste pour le site d'i24NEWS en français

Commentaires

(0)
8Article précédentCe weekend, Jérusalem ouvre les portes secrètes et atypiques de ses nombreux bâtiments
8Article suivantIsraël: découverte du tube "Laisse-moi t'aimer" de Mike Brant en anglais