Quantcast i24NEWS - Plus de 200 photographes exposent à Tel Aviv pour véhiculer leur vision du monde

Plus de 200 photographes exposent à Tel Aviv pour véhiculer leur vision du monde

Festival Internationnal de la photographie
Caroline Haïat

Des clichés venus de Roumanie, d'Italie, de Russie, d'Israël, des Etats-Unis ou encore d'Allemagne...La sixième édition du Festival international de la photographie, organisée par PHOTO IS:RAEL a ouvert ses portes à Tel Aviv et se tiendra jusqu'au 1er décembre prochain.

PHOTO IS:RAEL est un organisme dédié à la promotion de la photographie en Israël et à l'international, présentant les photos comme un langage à part entière, une langue propre aux artistes avec laquelle ils véhiculent leur vision du monde.

Caroline Haïat

Les oeuvres de plus de 200 photographes de renom des quatre coins de la planète sont répertoriées par pays et par univers.

Cette année, le festival est consacré aux relations interpersonnelles, culturelles et politiques; et les thèmes abordés y sont très divers: les populations dans les pays en guerre, le monde animalier, les déserts, les objets faits en sel de la mer Morte, les relations familiales ou encore la religion.

Les oeuvres sont séparées par des cloisons qui marquent la distinction entre deux univers. Les visiteurs passent alors d'un sujet à un autre sans réelle transition, cela symbolisant l'idée que le langage de la photographie à lui seul permet le rapprochement et le dialogue entre les pays.

Caroline Haïat

Ce festival est une véritable institution et attire chaque année des dizaines de milliers de visiteurs. DJ et spectacles de danse sont aussi de la partie, rythmant la visite des amateurs de photos.

Caroline Haïat

Les déserts

Le photographe et metteur en scène italien John Pepper, qui a choisi le thème des déserts et qui a notamment exposé ses photos à Téhéran et à Paris, a expliqué à I24NEWS la particularité de ces vastes étendues, qui peuvent paraître vides de sens mais qui ont en réalité beaucoup à nous dire.

John Pepper

"Pour moi, les déserts c'est comme une toile vierge pour un peintre. Je n'ai pas d'acquis ni d'a priori et surtout je n'ai aucun but. Je ne donne pas de titre à mes photos car ce qui est essentiel, c'est que le spectateur puisse avoir recours à son imagination et ne pas être influencé par ma perception," a déclaré John Pepper à I24NEWS, qui confie jouer sur le jeu des ombres et des lumières pour rendre le naturel du paysage.

Caroline Haïat

Il a notamment photographié les déserts d'Arabie saoudite, d'Oman, d'Iran, d'Israël, de Mauritanie et des Etats-Unis.

John Pepper

"Cette photo (ci-dessus) a été réalisée dans le Negev (Israël). C'est abstrait et très pictural, les gens quand ils pensent au désert, ils s'imaginent une étendue, des dunes; mais pour moi le désert, c'est un endroit important, avant tout car il est vide et lorsqu'on le photographie, cela permet de se vider soi-même et de laisser venir les choses, car on est totalement isolés. Le désert stimule l'imaginaire," a affirmé John Pepper.

La société qu'on ne voit pas

Roni Ben Ari, photographe israélienne qui expose et travaille dans le monde entier, participe pour la première fois cette année au festival à Tel Aviv. Attachée à la représentation des thèmes sociaux, Roni photographie ceux qui sont marge de la société, ceux que nous ne voyons pas, ceux qui sont 'transparents' ou sur lesquels nous ne nous attardons pas. Elle s'adonne alors à faire ressortir les aspects qui nous échappent.

Caroline Haïat

"Pour ce festival, j'ai voulu mettre en avant les projets qui me tiennent à coeur, à commencer par les sans- abri, la prostitution, les relations entre Juifs et Arabes, la santé, l'écologie, le vieillissement ou encore le textile. En photographiant les plus faibles et les plus démunis: les minorités, les personnes âgées, les migrants, je présente leur vie quotidienne et leur humanité comme un miroir du 'monde actif et évolué' qui ignore leur existence même," a déclaré Roni à I24NEWS.

Caroline Haïat

Les clowns thérapeutiques

En se focalisant sur le thème des clowns thérapeutiques, médicaux, qui ont la capacité de modifier l'état émotionnels des gens, les faisant passer de la peur et de la souffrance aux états de rire en une période de temps relativement très courte, sans l'usage de la parole, Roni a voulu montrer que la photo a son propre langage, le langage du jeu.

"Les clowns agissent de la même manière que la photo, sans langage à proprement parler, ils suscitent des émotions et transmettent un message. La photo, c'est la même chose, elle crée un lien avec son public sans qu'il ait de communication avec elle," a affirmé Roni à I24NEWS.

"Je ne parle pas le russe, je ne parle pas l’arabe, je ne parle pas l’indien, et malgré tout, je rencontre tous ces gens et je les photographie sans la nécessité de la langue. Avec la photo, je veux donner la parole à ces personnes qui sont perçues comme invisibles, ou tout du moins que l'on ne veut pas voir," ajoute-t-elle.

Roni Ben Ari

En rassemblant des thèmes divers et variés, PHOTO IS:RAEL offre aux spectateurs une fenêtre sur des univers opposés, qui s'entrecroisent parfois mais qui sont surtout paradoxalement liés par la même finalité, celle d'offrir un regard sur des réalités actuelles.

Caroline Haïat est journaliste pour le site français d'I24NEWS

Commentaires

(0)
8Article précédentPlus de 200 photographes exposent à Tel Aviv pour véhiculer leur vision du monde
8Article suivantPlus de 200 photographes exposent à Tel Aviv pour véhiculer leur vision du monde