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Spécial Hanoukka: tout, tout, tout, vous saurez tout sur… le beignet

Des beignets de Hanoukka dans une boulangerie de Tel-Aviv
Yarin Benish / Instagram: Yarinbenish

En Israël, c'est sans aucun doute la pâtisserie phare de l'hiver: dans les vitrines des boulangeries, sur les stands des marchés et même parfois momentanément à la carte de certains restaurants, à l'approche de la fête juive de Hanoukka, le beignet est partout!

“Hanoukka est une fête légère, qui rassemble les gens. Les Israéliens l’aiment beaucoup”, raconte Efrat Lichtenstadt, blogueuse spécialisée dans la cuisine. “Pendant l’année, le seul moment où l’on mange des beignets, c’est durant Hanoukka”, explique-t-elle à i24NEWS.

Efrat Lichtenstadt

Cette fête juive d’institution rabbinique est célébrée chaque soir pendant huit jours de suite, à partir de la date hébraïque du 25 kislev, en Israël et en diaspora.

Hanoukka marque la commémoration de la victoire militaire des Maccabées sur la dynastie grecque des Séleucides. D’après la tradition, c’est au cours de cette consécration que s’est produit un miracle: une petite fiole d’huile normalement suffisante pour allumer le chandelier du Temple une seule journée a finalement brûlé en continu pendant huit jours...

Pour rappeler cet événement, les Juifs pratiquants allument à leur tour un chandelier à neuf branches (aussi appelé ménorah ou hanoukiah) et mangent des plats à base d’huile, notamment des beignets, appelés soufganiot.

Aurélia, maman franco-israélienne de deux enfants en Kita Alef - l’équivalent du CP français - a réalisé cette année à quel point la tradition des beignets de Hanoukka est importante dans l’Etat hébreu.

“Plus d’une semaine avant la fête, la maîtresse a envoyé un message WhatsApp à tous les parents, demandant à chacun de préciser si leur enfant souhaitait un beignet au sucre ou un à la confiture”, raconte-t-elle à i24NEWS.

“J’ai vu défiler sur mon écran des dizaines de messages avec les prénoms des élèves de la classe et des parents indiquant très sérieusement quelle était la préférence de chacun”, poursuit-elle. “La maîtresse a même demandé confirmation une deuxième fois, ‘pour être sûre’”, raconte Aurélia.

Yarin Benish / Instagram: Yarinbenish

La madeleine de Proust israélienne ?

“Les beignets de Hanoukka accompagnent les Israéliens tout au long de leur vie. Lorsque j’en mange un, c’est un moment de nostalgie, ça me rappelle mon enfance”, confie Efrat Lichtenstadt. “Aujourd’hui, ces pâtisseries sont vendues de plus en plus tôt, mais je me rappelle que lorsque j’étais plus jeune, on ne les trouvait absolument que durant la fête, pendant huit jours” - et pas un de plus - confie-t-elle à i24NEWS.

Depuis près de deux semaines, Chagit Hill fait le tour des boulangeries de Tel-Aviv et de ses environs pour trouver LE meilleur beignet de la région. “L’année dernière, j’avais goûté 44 soufganiot différents”, raconte cette Israélienne, qui se décrit comme une “amoureuse de la nourriture”.

“Le plus important, c’est la pâte: pour savoir si elle est cuite correctement, il faut vérifier qu’elle ne soit ni trop foncée, ni trop claire, et surtout qu’il y ait une belle ligne blanche au milieu du beignet”, explique cette “experte en soufganiot”. “Ce détail permet de voir que la pâtisserie a été plongée dans l’huile comme il faut et qu’elle n’a pas coulé”, précise Chagit.

“Cette année, je recommande trois endroits: Baker’s, où l'on sent le côté 'produit boutique', chaque détail compte. Les beignets sont généreux et les goûts délicieux. Ils connaissent leur travail! Biscotti, à Bnei Brak, qui n’est vraiment pas cher, et où tout est tellement bon… Ainsi que Lechamim: il n’y a que trois options - dulce de leche, chocolat, et bien sûr confiture de fraise - mais les ingrédients sont d’une grande qualité, ce qui se sent à chaque bouchée!”, raconte Chagit avec passion.

En tant que cuisinière, Efrat Lichtenstadt a elle aussi ses petits secrets, qu'elle confie à i24NEWS: “J’utilise de la pâte sans levure, à base de fromage blanc. Si vous n’aimez pas faire de friture chez vous, vous pouvez aussi vous contenter d’acheter les beignets”, explique la blogueuse israélienne.

“Le plus important, c’est qu’ils soient frais. Dès qu’ils sont frits, il faut ensuite qu’ils soient consommés dans l’heure”, précise la passionnée de cuisine.

Et les calories dans tout ça ?

Si les beignets de Hanoukka sont bons - et de plus en plus beaux - ils sont aussi très (très) caloriques… “La pâte elle-même est lourde car elle est enrichie en sucre puis plongée dans l’huile”, explique la diététicienne franco-israélienne Mireille Boubli. “De plus, avec la cuisson, les acides gras sont saturés, ce qui est mauvais pour la santé”, continue la praticienne.

“Manger un beignet classique, c’est environ 500 calories. Si vous ajoutez une garniture, comme du chocolat par exemple, le chiffre peut monter jusqu’à 700”, explique le docteur. A titre de comparaison, une femme entre 18 et 40 ans à un besoin calorique journalier moyen de 2.150 calories. Un homme du même âge pourra lui ingurgiter 2.650 calories dans la même journée.

Yarin Benish / Instagram: Yarinbenish

“La fête de Hanoukka dure huit jours: la question est de savoir à combien de reprises vous allez manger des soufganiot”, indique Mireille Boubli, qui exerce près d'Ashkelon, à Mercaz Shapira. “Si c’est tous les jours, vous pouvez facilement prendre deux kilos dans la semaine”, poursuit-elle.

Malgré une haute teneur en graisse et en sucre, pour la diététicienne, les soufganiot ne sont pas pour autant à proscrire. “Si vous mangez un beignet, ce n’est pas grave, mais si c’est quotidiennement, ça devient problématique!”, explique le médecin. “Je conseille de choisir un moment dans la fête où l’on s’autorise un excès, deux maximum!”, conclut le docteur Boubli.

Preuve que même si l’on aime, il faut parfois devoir compter…

Laura Jeanneau est journaliste pour le site d'i24NEWS en français

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