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  • Avec "Le Mage du Kremlin", Olivier Assayas dissèque la mécanique du pouvoir poutinien

Avec "Le Mage du Kremlin", Olivier Assayas dissèque la mécanique du pouvoir poutinien


À travers le regard d’un stratège de l’ombre, le film interroge la responsabilité de ceux qui accompagnent – ou acceptent – la dérive du monde politique contemporain.

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  • Vladimir Poutine
  • film
  • Olivier Assayas
Le président russe Vladimir Poutine tient une conférence de presse lors du sommet des BRICS à Kazan, en Russie, le 24 octobre 2024.
Le président russe Vladimir Poutine tient une conférence de presse lors du sommet des BRICS à Kazan, en Russie, le 24 octobre 2024.Maxim Shipenkov/Pool Photo via AP

Dans Le "Mage du Kremlin", en salles le 21 janvier, Olivier Assayas livre une adaptation dense et maîtrisée du roman de Giuliano da Empoli, consacré à l’ascension de Vladimir Poutine et à la recomposition brutale du pouvoir en Russie post-soviétique. Un film politique ambitieux, nourri d’une réflexion plus large sur la complicité, la peur et la dérive autoritaire des régimes contemporains.

Le récit suit Vadim Baranov, intellectuel et stratège de l’ombre, inspiré de figures réelles, qui accompagne la prise de contrôle progressive du Kremlin par Poutine après la chute des oligarques. Interprété par Paul Dano, Baranov incarne cette génération russe qui croyait à l’ouverture et à la liberté dans les années 1990, avant d’être broyée par le retour d’un pouvoir central brutal et cynique. Face à lui, Jude Law campe un Poutine glaçant, presque déshumanisé, réduit à l’essence même du pouvoir : opaque, méthodique et implacable.

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Assayas fait le choix d’un film d’idées, sans jamais sombrer dans le didactisme. La voix off, héritée du roman, conserve l’élégance de la prose de da Empoli et éclaire les coulisses d’un système où la manipulation, la propagande et la violence deviennent des outils ordinaires de gouvernement. Le réalisateur ne cherche pas à expliquer Poutine par la psychologie, mais à montrer un mécanisme : celui d’un pouvoir qui s’impose parce que trop peu s’y opposent.

« On est collaborateur du monde dans lequel on vit si on ne se rebelle pas », résume Assayas. Le Mage du Kremlin dépasse ainsi le seul cas russe. Le film interroge la genèse du monde politique actuel et met en garde contre les dérives autoritaires, y compris dans les démocraties occidentales.



Un thriller politique sobre et inquiétant, qui rappelle que l’histoire du poutinisme est aussi celle des renoncements collectifs.

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