Israël : le monde de la culture au bord de l’effondrement face à la guerre
Artistes, musiciens, techniciens, producteurs, régisseurs ou encore éclairagistes se retrouvent brutalement privés de revenus.


Le secteur culturel israélien traverse une crise sans précédent, paralysé par les restrictions liées à l’opération militaire en cours contre l’Iran. Spectacles annulés, salles fermées, événements suspendus : toute une industrie est aujourd’hui à l’arrêt, laissant des dizaines de milliers de professionnels sans revenus.
Selon l’Union des industries culturelles et des productions scéniques, il s’agit du seul secteur de l’économie israélienne actuellement à « zéro activité », en raison des directives strictes du commandement du front intérieur et des limitations de rassemblements. Cette paralysie intervient au pire moment, en pleine période des fêtes, traditionnellement cruciale pour l’activité du secteur. Les événements de Pourim ont été annulés, ceux de Pessa’h gelés, et les célébrations de la fête de l’Indépendance sont désormais menacées.
Les pertes économiques sont déjà estimées à plusieurs centaines de millions de shekels. Artistes, musiciens, techniciens, producteurs, régisseurs ou encore éclairagistes se retrouvent brutalement privés de revenus. À cela s’ajoute l’impact différé : l’arrêt des ventes et de la promotion aujourd’hui compromet déjà les mois à venir, qui nécessitent une préparation en amont.
Face à cette situation, l’Union du secteur a adressé un appel urgent au gouvernement, réclamant la mise en place d’un plan de sauvetage. Son président, Yoni Feingold, alerte : « La poursuite de la guerre sans perspective de sortie de crise met une industrie entière en danger d’effondrement ». Il plaide pour des aides immédiates, incluant des subventions d’urgence, un élargissement du chômage partiel, des prêts spécifiques et la création d’un mécanisme d’assurance publique pour faire face aux crises futures.
Sur le terrain, la colère et la détresse montent. De nombreux artistes témoignent de pertes considérables, tandis que les travailleurs de l’ombre dénoncent leur invisibilité. « Que quelqu’un se réveille ! », s’est insurgé un responsable de salle, décrivant un secteur plongé dans le silence et l’incertitude.
Après plusieurs années déjà marquées par la pandémie et des crises successives, les professionnels de la culture redoutent aujourd’hui un point de rupture. Ils appellent l’État à agir rapidement pour éviter la disparition durable d’un pilier essentiel de la vie sociale et culturelle du pays.