L’Union européenne de radio-télévision met en garde Israël contre une réforme du financement de l’audiovisuel public
L’EBU estime qu’une telle réforme menacerait l’indépendance des médias publics et pourrait nuire à l’image démocratique d’Israël.


Une semaine après la deuxième place obtenue par Noam Bettan à l’Eurovision 2026, l’Union européenne de radio-télévision (UER/EBU) a adressé une mise en garde officielle au gouvernement israélien concernant un projet de loi susceptible d’affecter l’indépendance du diffuseur public Kan.
Dans une lettre urgente adressée au président de la commission des Finances de la Knesset, le directeur général de l’EBU, Noel Curran, exprime sa «profonde inquiétude» face à une proposition visant à placer le budget de Kan sous le contrôle direct du gouvernement.
Selon lui, une telle réforme créerait une dépendance financière vis-à-vis du pouvoir politique et menacerait directement l’indépendance éditoriale du média public israélien. «Un système d’information dépendant du gouvernement pour son budget ne peut pas couvrir ce même gouvernement de manière indépendante et objective», écrit-il.
Le responsable de l’EBU rappelle également que la protection des médias publics contre les ingérences politiques constitue «une norme internationale fondamentale» liée à la liberté d’expression et d’information.
Dans son courrier, Noel Curran insiste sur l’importance stratégique d’un service public audiovisuel indépendant pour la présence d’Israël dans les grands événements internationaux, notamment la Coupe du monde, les Jeux olympiques ou encore l’Eurovision.
Il cite d’ailleurs la récente performance israélienne à l’Eurovision comme «un exemple clair de visibilité internationale positive et de connexion culturelle» offerte par la participation de Kan à ces événements mondiaux.
L’EBU avertit également qu’un affaiblissement de l’autonomie budgétaire de Kan pourrait nuire à la confiance du public israélien mais aussi à l’image démocratique d’Israël à l’étranger.
«Nous réaffirmons l’importance de préserver les garanties institutionnelles et financières soutenant un diffuseur public indépendant et crédible au service de tous les citoyens dans une société démocratique», conclut la lettre.