• Content
  • Menu
  • Footer
  • Connexion
    • À la Une
    • Élections législatives 2026
    • Vu sur i24NEWS
    • IMEC - NEXTBAY
    • Israël en guerre
    • International
    • Innov'Nation
    • Vidéos
    • Radio
    • Émissions
    • Programmes
    • Canaux
    • Profils
    • English
    • Français
    • عربى
    • עברית
  • Direct

  • i24NEWS
  • Culture
  • « Netanyahou est le premier des dirigeants israéliens qui vit dans l'idée que la paix est impensable », Bernard-Henri Lévy

« Netanyahou est le premier des dirigeants israéliens qui vit dans l'idée que la paix est impensable », Bernard-Henri Lévy


Bernard-Henri Lévy vient de publier Mémoires provisoires, un livre très personnel dans lequel il raconte sa propre vie à travers celle de tous ceux qu'il a rencontrés. Entretien avec Michaël Darmon.

Michaël Darmon
Michaël Darmon ■ Editorialiste i24NEWS
8 min
8 min
Google NewsSuivez-nousSuivre
Bernard-Henri Lévy
Bernard-Henri Lévy Marc Roussel - Wikimedia commons

Israël a commémoré ces derniers jours le troisième anniversaire du 7 octobre. Avec le recul, comment qualifiez-vous ce qui s'est passé ce jour-là ?

Une éruption d'inhumanité absolue, une déchirure dans la conscience universelle. Ce crime n'est pas un crime parmi d'autres : il est exceptionnel par son intention, son ampleur et sa sauvagerie. J'ai couvert des guerres, des massacres, des barbaries. Ce qui s'est passé pendant ces quelques heures à Kfar Aza, à Be'eri et dans les autres kibboutz frontaliers de Gaza, je ne l'avais jamais vu. C'est un événement inimaginable, sans précédent, qui redistribue les cartes entre les nations.

Dès le 8 octobre, une vague d'antisémitisme a déferlé sur l'Occident, souvent sous couvert d'antisionisme.

Je le disais déjà en 1981 dans Radioscopie, l'émission de Jacques Chancel : la vraie question n'est pas de savoir si l'on peut être antisioniste sans être antisémite, mais si l'on peut désormais être antisémite sans être antisioniste. Si l'antisémitisme devait renaître de manière massive, ce ne serait plus celui de la race ou du peuple déicide, mais une haine qui emprunterait à la haine d'Israël toute sa rhétorique. Nous y sommes.

Avec les accords d'Abraham et la coopération régionale, Israël est-il vraiment si seul ?

Les accords d'Abraham sont un trésor que le monde entier doit chérir. Mais ils sont fragiles. Je connais assez certains des pays signataires pour savoir qu'une bataille idéologique s'y joue. Une partie de la rue arabe, mais aussi de la rue européenne et désormais américaine, y voit une trahison. Il faut veiller sur ce trésor, extraordinairement précieux et extraordinairement fragile.

Vous avez connu tous les Premiers ministres d'Israël. Qu'est-ce qui distingue Benjamin Netanyahou de ses prédécesseurs ?

J'ai exactement l'âge d'Israël, et j'ai eu la chance de les connaître tous. J'étais avec Shamir en 1991, quand Israël était frappé par les Scud de Saddam Hussein et que les Américains lui ont dit en substance : « Tiens-toi tranquille, on s'occupe de tout. » J'ai vu en direct la fêlure de ce petit homme de fer qui se voyait lier les mains.


J'ai vu Sharon au moment où il s'apprêtait à quitter Gaza. Lui aussi était un combattant, comme Netanyahou, mais animé par une espérance. J'en porte témoignage : il croyait vraiment que l'évacuation de Gaza serait le point de départ d'un État palestinien viable et en paix avec son voisin. Il s'est trompé, mais il y avait quelque chose de beau dans ce pari. Ehud Olmert m'a montré, griffonné à la main, le plan qu'il avait soumis à Mahmoud Abbas, un jour où il attendait une réponse qui sera finalement négative. J'ai vu Ehud Barak au retour de Camp David, presque désespéré.

Ce qui distingue Netanyahou de la plupart de ses prédécesseurs, c'est qu'il n'est plus animé du tout par le principe d'espérance. Je ne parle même pas d'espérance messianique, mais d'espérance politique.

Lors de nos dernières rencontres, dont une après le 7 octobre, il m'a semblé vivre dans l'idée que la paix est impensable et que le seul devoir d'un chef d'Israël est de gagner du temps, encore du temps, en espérant que ça dure le plus longtemps possible. Il n'est pas le seul à le penser. Mais c'est une faute politique, un aveuglement face à ce qu'Emmanuel Levinas appelait les imprévus de l'histoire. L'histoire a toujours plus d'imagination que les hommes.

Israël vote le 27 octobre. Quelle doit être la priorité du prochain Premier ministre ? Changer le mode de scrutin, séparer la religion de l'État ?


Changer le mode de scrutin, sûrement, mais ce n'est pas l'essentiel. Honnêtement, la démocratie israélienne fonctionne bien. L'essentiel, c'est de redonner une espérance, un souffle, et leur chance aux citoyens israéliens qui ne vivent pas dans un état mental d'assiégés permanents. Il y a trop souvent, dans le leadership et dans une partie de la société, le sentiment de vivre dans une forteresse. Certains parlent du syndrome de Massada.

Le désespoir est un péché, et ce syndrome un poison lent pour cette grande démocratie et pour l'idéal sioniste. La première mission du prochain Premier ministre sera de redonner une perspective, et de faire en sorte qu'Israël retrouve sa place au milieu des nations. Un peuple qui campe à part des nations, ça vaut dans la Bible, pas en politique.

À l'approche de la présidentielle de 2027, la France semble tentée par le populisme. Qu'est-ce qui vous inquiète le plus ?

Ce qui me navre dans le lepénisme comme dans le mélenchonisme, c'est qu'au-delà des irréductibles, une majorité y adhère mécaniquement. À l'extrême gauche, je rencontre souvent des gens qui me parlent de génocide. Je leur demande ce qu'est un génocide : ils ne savent pas. Ils répètent ce mot de manière pavlovienne.

C'est une offense aux mots et aux victimes des vrais génocides, dont j'ai couvert un certain nombre. Et c'est une cible mise sur la tête de chaque Israélien, à qui l'on recommande désormais de ne plus parler hébreu en public à l'étranger, et sur celle de tout Juif, de New York à Paris, soupçonné d'en être complice. Cette pensée mécanisée peut sembler peu de chose, mais elle peut devenir criminelle.

Ségolène Royal, que vous aviez soutenue en 2007, tient aujourd'hui des propos très critiques envers Israël. Que s'est-il passé ?


C'est une histoire qui m'attriste beaucoup. Ce qu'elle semble être devenue me navre : ce qu'elle dit des Juifs de France, sommés de se considérer comptables de chaque acte du gouvernement israélien et de se prononcer pour faire baisser l'antisémitisme, comme s'ils en étaient responsables. Mais aussi ce qu'elle dit de l'Algérie, de la Russie et de l'Ukraine. En 2007, j'ai cru à l'idée d'une femme à l'Élysée et en la vaillance de cette candidate abandonnée par son camp. Ce qui s'est passé depuis, honnêtement, je n'en sais rien.

Des lycéens se mobilisent aujourd'hui, notamment pour Gaza. Que vous inspire cette génération ?

Je vois émerger parmi eux des figures brillantes et éloquentes. Le problème n'est pas là. Il me semble qu'ils ont une tendance au nihilisme. En 1968, on disait beaucoup de bêtises, mais il y avait une espérance et une fraternité internationale sans exclusive : il y avait le Vietnam, mais aussi les dictatures d'Amérique du Sud, Franco, Salazar, les colonels grecs. Les étudiants de jadis brandiraient sûrement des pancartes Gaza, mais aussi pour le 7 octobre, le Soudan, l'Ukraine, la Somalie, le Congo, le Darfour. Pourquoi la gauche ne parle-t-elle plus de ces autres combats ? Et surtout, à l'époque, on n'était pas antisémite. Benny Lévy, le chef des maoïstes français, a dissous son mouvement après le massacre des athlètes israéliens à Munich, et après avoir entendu un vendeur de La Cause du peuple crier dans la rue « premier journal antisémite de France ». Il a compris d'un coup que l'amalgame était terrible.

Et aujourd'hui ?

L'antisémitisme progresse à droite, et hélas de manière encore plus spectaculaire et décomplexée à gauche. Il est incroyable par la manière dont il s'affiche. Quand Mélenchon joue sur les patronymes, quand il dit d'un leader d'extrême droite qu'il reproduit les stéréotypes de sa communauté, quand il attribue la défaite de Jeremy Corbyn aux organisations juives britanniques, quand il dit que Jésus a été mis en croix par les siens, c'est de l'antisémitisme. Il revient même avant Vatican II, au marcionisme, cette hérésie qui creuse un fossé entre judaïsme et christianisme. Je suis sûr qu'il y a à La France insoumise des militants sincères, révoltés pour de bonnes raisons. Mais cet antisémitisme décomplexé, avoué, suscite en moi l'effroi.

Mémoires provisoires, Bernard-Henri Lévy, Olivier Nora Éditions.

Cet article a reçu 8 commentaires

Commentaires

  • Actu
  • Fil info
  • Direct
  • Radio
  • Émissions
  • Obtenez l'application Google Play
  • Obtenez l'application IOS

Information

  • COMITÉ EXÉCUTIF D'i24NEWS
  • PROFILS D'i24NEWS
  • NOS ÉMISSIONS
  • Radio en direct
  • Carrière
  • Contact
  • Plan du site

Categories

  • Fil info
  • Élections législatives 2026
  • Vu sur i24NEWS
  • IMEC - NEXTBAY
  • Israël en guerre
  • International
  • Innov'Nation

Juridique

  • Conditions générales d'utilisation
  • Politique de confidentialité
  • Conditions générales publicitaire
  • Déclaration d'accessibilité
  • Liste des cookies

Nous suivre

  • S'inscrire à la newsletter