Sean Penn refuse les selfies, "même avec une grand-mère rescapée de la Shoah"
Il estime que cette pratique contribue à transformer les personnalités publiques en attractions permanentes et déplore l'évolution des rapports entre célébrités et public


Sean Penn ne cache plus son exaspération face à la culture du selfie. Invité d'une discussion publique lors du festival Tribeca à New York, l'acteur américain a affirmé qu'il refusait systématiquement de se prêter à cet exercice, allant jusqu'à évoquer avec humour le cas d'une "grand-mère rescapée de la Shoah accompagnée de son petit-enfant paraplégique de six ans". Même dans une telle situation, a-t-il assuré sur le ton de la provocation, sa réponse resterait négative.
Pour le double lauréat de l'Oscar, les selfies constituent un phénomène néfaste qui ne profite à personne. Il estime que cette pratique contribue à transformer les personnalités publiques en attractions permanentes et déplore l'évolution des rapports entre célébrités et public.
L'acteur a également confié entretenir depuis longtemps une relation compliquée avec les grands rassemblements et les événements mondains. Il explique ressentir un profond malaise au milieu des foules, ce qui l'a souvent conduit à éviter certaines cérémonies prestigieuses, y compris les Oscars.
Sean Penn a d'ailleurs rappelé qu'il n'avait pas assisté à une récente cérémonie de l'Académie, préférant se rendre en Ukraine pour manifester son soutien au pays. Il a indiqué avoir suivi l'événement à distance, une expérience qu'il dit avoir davantage appréciée que lorsqu'il se trouve physiquement dans la salle.
L'hostilité de l'acteur envers les selfies n'est pas un cas isolé à Hollywood. Plusieurs personnalités ont déjà exprimé leur lassitude face à cette pratique devenue omniprésente. L'ancien Beatles Paul McCartney a notamment expliqué qu'il refusait lui aussi la plupart des demandes de photos, estimant que ce type d'exposition encourage une forme de culte de la personnalité qu'il préfère éviter.
Par ses déclarations, Sean Penn relance ainsi le débat sur les limites de l'accès aux célébrités à l'ère des réseaux sociaux, où la frontière entre admiration et intrusion dans la vie privée semble de plus en plus floue.