Analyse: le Congrès va-t-il suivre Trump dans sa ligne économique?

Donald Trump et Mike Pence au cimetière national d'Arlington le 19 janvier 2017 à Arlington
Mandel Ngan (AFP)
Trump à Washington, la question est de savoir s'il ira au bout de ses promesses

Alors que les résultats au soir de l’élection commençaient à designer clairement Donald Trump vainqueur de la présidentielle américaine face à sa rivale Hillary Clinton, la bourse dégringolait.

Deux mois plus tard, alors qu'il se prépare à prendre ses fonctions, les marchés atteignent des records historiques.

Avec les républicains au contrôle de toutes les branches du gouvernement américain, les entreprises espèrent moins de réglementation et une réduction des impôts. Mais qu’attendent les Américains de l’administration Trump et de quelle manière va-t-elle affecter leur portefeuille?

Depuis son élection, Trump ainsi que les dirigeants républicains du Congrès ont fait l'objet de pressions pour fournir des informations quant à la manière de réaliser leurs promesses économiques de campagne: la création d'emplois, l'abrogation de la réforme de l’assurance-maladie, l'Obamacare, l'amélioration de l'infrastructure, et la réforme du code des impôts des États-Unis.

Mais les républicains sont divisés.

Concernant l’emploi, pendant sa campagne, Trump a promis de créer 25 millions de nouveaux postes au cours d'une présidence à deux mandats. Ce chiffre devrait dépasser les beaux jours de l'administration Bill Clinton, lorsque les entreprises point-com et la mondialisation ont conduit à la création de 21 millions de nouveaux emplois.

La question commerciale est particulièrement compliquée. Trump a annoncé aux entreprises que si elles construisaient des usines à l’étranger, elles se verraient infligées des droits d’importation élevés, et cette initiative viendrait à l'encontre des citoyens dû à l’augmentation des prix.

Alors que le Congrès républicain partage le point de vue de Trump sur les réductions d'impôt, ils sont en désaccord avec son protectionnisme commercial sévère, au cœur du programme de création de nouveaux postes du président élu.

Au sujet de l’assurance maladie, Trump n’a cessé de réaffirmer son souhait d’abroger l'Affordable Care Act, aussi connue sous le nom d’Obamacare. Cette politique, a-t-il dit, était "un désastre".

Mais annuler est plus facile à dire qu'à faire. Certaines portions de cette loi sur la protection des patients et les soins abordables sont très populaires, mais ne peuvent survivre sans le maintien d'autres pans de la législation.

Une étude du bureau du Budget du Congrès américain, une institution non partisane, a estimé que l'abrogation de la loi priverait 18 millions d'Américains de leur assurance maladie au cours de la première année suivant son abolition, tout en faisant doubler le coût des primes d’assurance pour les autres au cours de cette même période.

Par ailleurs, un projet de loi visant l’abrogation de l’Obamacare approuvé par le Congrès l’an dernier, avait échoué, le président Barack Obama ayant apposé son veto.

Mais Trump a déclaré au Washington Post cette semaine qu'il souhaitait "une assurance pour tous", et affirme pouvoir la remplacer par un système plus efficace et moins coûteux. Les personnes assurées "peuvent s'attendre à avoir de très bons services de santé, sous une forme bien plus simple, bien moins chère et bien meilleure", soutient-il.

Selon les économistes, investir dans des projets d'infrastructure tend à avoir un large impact positif, car cela crée des emplois dans la construction, tout en stimulant les économies locales.

Trump a proposé de dépenser 1 milliard de dollars dans l'infrastructure américaine, mais les faucons déficitaires républicains sont réticents.

Enfin, le président élu a promis des réductions d'impôt massives pour tous, avec une part de patrimoine financier plus élévée pour les plus priviligiés.

Les 1% des américains les plus riches pourraient obtenir une augmentation de salaire allant jusqu'à 13,5%, tandis que le déficit budgétaire sur quatre ans augmenterait de 6 milliards de dollars.

Cela pousserait le gouvernement soit à emprunter et donc creuser la dette, soit à sabrer dans les programmes fédéraux pour lesquels les électeurs ont voté.

Elu comme l'outsider de Washington capable de changements économiques, la question est maintenant de savoir si Donald Trump va réussir.

Niv Elis et Sam Chester sont journalistes économiques pour la chaîne anglaise i24NEWS.

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