Azerbaïdjan : les relations avec Israël se refroidissent, les industriels de la défense s'inquiètent
Malgré un contrat conclu avec Rafael, les industriels redoutent une baisse des ventes d'armement à Bakou, confrontés à une concurrence croissante des États-Unis, de la Turquie et de la Corée du Sud.


Longtemps considérée comme l'un des partenaires stratégiques les plus proches d'Israël dans le monde musulman, l'Azerbaïdjan semble prendre progressivement ses distances avec l'État hébreu. Si plusieurs négociations militaires se poursuivent, les industriels israéliens redoutent une baisse durable des contrats avec Bakou, sur fond de tensions diplomatiques et de concurrence internationale accrue.
Selon le quotidien économique Globes, la décision du gouvernement israélien de reconnaître le génocide arménien a suscité de vives critiques en Azerbaïdjan. Les autorités de Bakou ont également multiplié les gestes de soutien à la cause palestinienne, en recevant le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa et en réaffirmant leur soutien à la création d'un État palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale.
Malgré ce contexte, Israël a récemment conclu un important contrat de plusieurs centaines de millions de dollars portant sur des missiles tactiques Spike et des torpilles fabriqués par Rafael. Toutefois, les acteurs du secteur estiment que cette réussite pourrait masquer une tendance plus préoccupante.
Les entreprises américaines, qui ont désormais accès au marché azerbaïdjanais depuis la levée de l'embargo américain sur les ventes d'armes, renforcent leur présence. Des groupes comme Lockheed Martin, Boeing, RTX ou encore Ondas, dirigée par plusieurs anciens responsables israéliens, cherchent à s'imposer sur ce marché stratégique. La Corée du Sud tente également de séduire Bakou avec ses frégates équipées de systèmes nationaux.
Parallèlement, un appel d'offres majeur portant sur un satellite de télécommunications, estimé entre 300 et 800 millions de dollars, reste en suspens depuis près de dix mois. Israel Aerospace Industries (IAI) figure parmi les finalistes, aux côtés de groupes européens et turcs.
Les spécialistes estiment que les liens sécuritaires entre Israël et l'Azerbaïdjan ne disparaîtront pas, mais qu'ils pourraient désormais se concentrer sur les secteurs où l'industrie israélienne conserve un avantage technologique décisif, notamment les systèmes de défense aérienne, les radars longue portée, l'intelligence artificielle et les technologies spatiales.