Immobilier en Israël : les annulations d’achats de logements bondissent de 41 %
De nombreux acheteurs ne parviennent plus à honorer les engagements pris et préfèrent renoncer à la transaction, malgré des pénalités pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de shekels


Le marché immobilier israélien montre de nouveaux signes de fragilité. Selon des données publiées mercredi par la division de l’économiste en chef du ministère des Finances, le nombre d’annulations de transactions immobilières a bondi de 41 % entre janvier et août 2026, passant de 1 294 à 1 821 dossiers.
Les opérations concernées avaient été conclues entre 2023 et 2025, principalement en 2024, et avaient pour point commun d’avoir été signées dans le cadre d’offres de financement proposées par les promoteurs, comme les formules 20/80 ou 10/90. Ces mécanismes, qui permettent de verser une faible partie du prix à la signature et de reporter l’essentiel du paiement, ont depuis été limités par la Banque d’Israël en raison des risques qu’ils font peser sur le marché.
Cette hausse des annulations alimente la crainte d’un effet domino. De nombreux acheteurs ne parviennent plus à honorer les engagements pris lors de l’acquisition et préfèrent renoncer à la transaction, malgré des pénalités pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de shekels. Pour les promoteurs, une multiplication des annulations pourrait également provoquer de graves difficultés de trésorerie, voire mettre en péril certains projets.
Beer Sheva arrive en tête du nombre d’annulations, avec 475 transactions annulées sur la période étudiée, soit 3,4 % du total. Pour les seuls contrats signés en 2023, le taux d’annulation atteint déjà 7 %. La situation est particulièrement marquée dans le sud du pays, notamment à Sderot, Netivot et Ofakim. Selon des informations obtenues par i24NEWS, une grande partie des logements concernés appartient à quelques sociétés immobilières privées, ce qui pourrait les exposer à de fortes tensions financières. Des sources au ministère des Finances indiquent que la principale cause des annulations est l’incapacité des acheteurs à assurer les remboursements prévus.
Des taux élevés sont également enregistrés à Tel-Aviv et Jérusalem pour les transactions signées en 2024, avec respectivement 2,7 % et 2,8 % d’annulations.
Autre donnée préoccupante : dans 60 % des cas, les logements concernés doivent être livrés dans deux ans ou davantage. Cela suggère que de nombreux acheteurs anticipent dès maintenant leur incapacité à financer le solde à venir.
Dans le même temps, les données de juin font apparaître un léger redressement de l’activité immobilière, avec une hausse de 50 % des transactions par rapport à juin 2025, mois marqué par un quasi-gel du marché. Les ventes ont également progressé de 6 % sur un mois, tandis que celles des promoteurs ont bondi de 84 % sur un an, mais reculé de 1 % par rapport à mai 2026.