L'agence Fitch maintient la note "A" d’Israël sous perspective négative
L'agence de notation financière alerte sur la hausse de la dette publique et les risques liés à la guerre, malgré la résilience d’une économie solide et diversifiée.


L’agence de notation Fitch a confirmé la note souveraine « A » d’Israël tout en maintenant une perspective négative, reflet d’un équilibre fragile entre solidité économique et risques persistants liés à la guerre. Dans son évaluation publiée vendredi, Fitch souligne la résilience d’une économie diversifiée, à forte valeur ajoutée, soutenue par des finances extérieures robustes. Ces atouts permettent pour l’heure de compenser un ratio dette/PIB en hausse et un environnement sécuritaire toujours tendu.
L’agence met toutefois en garde contre une trajectoire budgétaire plus incertaine. La progression de la dette publique, alimentée par les dépenses militaires et les besoins liés au conflit, constitue un facteur de pression durable. Fitch évoque également des « risques extrêmes liés à la guerre » susceptibles d’affecter la croissance à moyen terme, dans un contexte régional encore instable.
Sur le plan sécuritaire, l’agence estime que les opérations militaires récentes ont partiellement réduit certains risques géopolitiques, tout en démontrant les capacités défensives élevées du pays. Son scénario central repose sur une atténuation significative de la menace iranienne, même si la durée et l’ampleur du conflit restent incertaines.
La perspective négative traduit néanmoins des fragilités internes. Fitch pointe un environnement politique fragmenté, susceptible de freiner les efforts de consolidation budgétaire. Une aggravation du conflit, notamment via une extension à grande échelle au Liban impliquant une mobilisation massive de réservistes, représenterait le principal risque baissier pour la note.
À terme, l’agence anticipe une réduction progressive des dépenses militaires après la fin des hostilités, tout en prévenant qu’elles resteront supérieures à leur niveau d’avant-guerre. Dans ce contexte, Israël conserve une signature solide, mais sous surveillance accrue : toute dérive budgétaire ou escalade régionale pourrait rapidement renchérir le coût du crédit pour l’État, les entreprises et les ménages.