Malgré la guerre, l’économie israélienne impressionne par sa résilience
Une croissance de près de 3,8 % est attendue en 2026, plaçant Israël parmi les économies les plus dynamiques du monde développé.


Malgré un contexte régional explosif, l’économie israélienne continue d’afficher des performances solides. Une croissance de près de 3,8 % est attendue en 2026, plaçant Israël parmi les économies les plus dynamiques du monde développé. Pour Dan Catarivas, président de la Fédération des chambres de commerce binationales, cette résilience repose sur des fondamentaux robustes : faible chômage, inflation contenue, réserves importantes et dette maîtrisée.
Mais derrière ces indicateurs encourageants, la réalité est plus nuancée. « La croissance aurait pu être plus élevée », souligne-t-il, rappelant que le coût de la guerre pèse lourdement sur les finances publiques. Surtout, un fossé se creuse entre la performance macroéconomique et le ressenti des ménages. Le coût de la vie, déjà élevé, continue de grimper, alimenté par des facteurs structurels comme le manque de concurrence dans certains secteurs ou encore la fiscalité sur les produits de base.
Cette dualité reflète les fragilités internes de l’économie israélienne. Si le high-tech demeure la locomotive incontestée, générant investissements et recettes fiscales, d’autres secteurs souffrent davantage. Le tourisme, par exemple, a été fortement impacté, tandis que les petites et moyennes entreprises peinent à absorber les chocs successifs. « Tout le monde ne bénéficie pas du succès du high-tech », insiste Dan Catarivas, pointant une aggravation des inégalités sociales.
Autre paradoxe : la force du shekel, signe de stabilité, pénalise les exportateurs et commence à affecter même les géants technologiques, dont les revenus sont souvent en dollars. À cela s’ajoutent des défis structurels, comme la dépendance à certains marchés et les pressions sur l’investissement en recherche.
Pour autant, Israël conserve des atouts majeurs. Sa population jeune favorise l’adoption rapide des nouvelles technologies, tandis que ses pôles d’excellence — cybersécurité, semi-conducteurs, énergies — continuent d’attirer le monde. À cela s’ajoute une quasi-autosuffisance énergétique grâce au gaz, un avantage stratégique non négligeable.
Entre solidité économique et tensions sociales, Israël incarne aujourd’hui un paradoxe : celui d’une puissance innovante confrontée à ses propres déséquilibres.