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Un réseau d’influence lié à l’Iran cible les élections israéliennes
Une enquête OSINT affirme avoir identifié un réseau de faux profils diffusant de fausses informations et des messages politiques auprès des électeurs israéliens.


Des acteurs liés à l’Iran seraient à l’origine de plusieurs comptes sur les réseaux sociaux se présentant comme des citoyens israéliens afin d’influencer les élections du 27 octobre, selon une enquête publiée par la plateforme de renseignement en sources ouvertes Golden Owl.
Menée entre le 22 août et le 22 septembre, l’analyse a porté sur 21 533 publications. Les chercheurs affirment avoir relevé 1 516 anomalies liées notamment à de fausses informations électorales, à des récits provenant de l’étranger ou au comportement inhabituel de certains comptes.
Plusieurs profils ont ainsi annoncé, à tort, un report ou une suspension du scrutin. D’autres ont affirmé que les impôts et les remboursements de prêts immobiliers seraient gelés en raison d’une prétendue ingérence étrangère. Au total, 237 comptes ont été considérés comme suspects et 57 comme participant à une opération d’influence étrangère.
Après avoir cartographié près de 120 000 comptes et environ 295 000 interactions, Golden Owl affirme avoir identifié un réseau de personnages fictifs intervenant dans les conversations de véritables électeurs israéliens.
Ces comptes utilisent des images patriotiques, publient en hébreu et se présentent notamment comme des femmes israéliennes, des réservistes, des électeurs laïcs ou des militants religieux. Ils abordent des sujets particulièrement sensibles, comme la responsabilité de Benjamin Netanyahou dans le 7 Octobre, l’enrôlement des orthodoxes, le scandale du « Qatargate » ou encore l’émigration hors d’Israël.
L’un des profils étudiés, « Yaara Shalev », se présente comme celui d’une Israélienne juive engagée en faveur de la démocratie et de la paix. L’enquête affirme toutefois que son identité aurait été constituée à partir d’images empruntées ou générées par intelligence artificielle. Son compte le plus consulté, appelant à une émigration massive d’Israël, aurait enregistré près de 690 000 vues.
Un autre compte, « Miriam Kozak », suivi par près de 19 000 personnes, avait déjà été identifié comme fictif par l’organisation israélienne FakeReporter. Après avoir diffusé des messages dénonçant une prétendue fraude arabe lors des élections de 2022, il aurait ensuite adopté une ligne résolument hostile à Benjamin Netanyahou.
Plusieurs autres profils publiant en hébreu et se présentant comme israéliens auraient été localisés par la plateforme X en Allemagne, en Finlande, en Égypte ou au Yémen. Certains auraient également accédé au réseau social au moyen d’une version iranienne de l’application Android.
L’enquête cite notamment le cas du compte « Alon Strauss ». Créé en 2019, celui-ci publiait exclusivement en persan sur la politique iranienne jusqu’en avril 2026. Il serait réapparu en août sous une identité israélienne, avec un drapeau d’Israël en photo de profil et des publications en hébreu consacrées aux élections.
Selon Golden Owl, 26 des 32 profils classés comme suspects ont été créés en 2025 ou en 2026. D’anciens comptes américains restés inactifs pendant plusieurs années auraient également été réactivés avant de commencer à publier en hébreu.
Les chercheurs ont par ailleurs identifié des textes identiques diffusés par plusieurs comptes à quelques jours d’intervalle. Les principaux récits accusent Benjamin Netanyahou de vouloir manipuler les élections ou déclencher une nouvelle guerre et encouragent les Israéliens à quitter le pays ou à refuser de servir dans l’armée.
Golden Owl estime que les publications du réseau ont été affichées environ un million de fois durant le mois précédant la publication de l’enquête. Quelque 76 % des comptes identifiés ayant relayé ou commenté ces contenus seraient situés en Israël, permettant aux messages de toucher un public plus large que celui des faux profils eux-mêmes.
L’enquête relève enfin la vente, sur le dark web, de comptes Telegram associés à des numéros israéliens ainsi que de bases de données présentées comme contenant des informations sur des électeurs et des millions d’utilisateurs israéliens.