"Il ne faut pas faire de faux procès à la France. Aucun autre pays n'a organisé d'hommage national pour les victimes du Hamas" (Orelia Bliah, One Family)
Dans la cour des Invalides, chaque victime sera représentée par une photographie avec son nom

Une centaine de Franco-Israéliens, représentant quelque 30 familles, ont atterri mercredi en Israël via deux vols spéciaux pour assister, ce jeudi, à l’hommage national rendu à leurs proches tués le 7 octobre par le Hamas dans le sud d’Israël. Un événement organisé aux Invalides, que le président de la République mènera "sous le signe universel de la lutte contre l'antisémitisme et à travers lui de toutes les formes de haine, de racisme et d'oppression envers des minorités". Dans la cour des Invalides, chaque victime sera représentée par une photographie avec son nom.
Outre les 42 Franco-Israéliens tués ce samedi noir, l'hommage sera aussi rendu aux six Français blessés, quatre otages français du Hamas libérés, et trois Français "toujours disparus et présumés otages", a fait savoir l'Elysée ce lundi.
"L'organisation de cette cérémonie a profondément ému les familles. Elle a été décidée par ce pays dans lequel ils sont nés"
Si Emmanuel Macron a essuyé de nombreuses critiques depuis le massacre du 7 octobre pour son "en même temps" désormais tristement célèbre, celui-là même qui l'a conduit à éviter de mener la Marche contre l'antisémitisme organisée à Paris le 12 novembre pour ne pas heurter les banlieues, il ne faut pas pour autant lui faire '"un faux procès", témoigne Orelia Bliah de la branche francophone de l'association israélienne One Family, dédiée aux victimes de terrorisme. Celle qui accompagne en Israël, depuis le premier jour de deuil, les proches des victimes françaises rappelle qu'aucun autre pays n'a organisé d'hommage national pour ses binationaux tués par le Hamas". "L'organisation de cette cérémonie a profondément ému les familles. Elle a été décidée par ce pays dans lequel ils sont nés, d'où ils viennent. Et je dois dire que la France est en général extrêmement présente aux côtés de ses victimes d'attentats terroristes en Israël".
Orelia Bliah, arrivée en Israël dès lundi soir pour organiser le séjour de ceux qu'elle connait bien désormais pour les avoir accompagnés, quasiment depuis "l'annonce fatidique", raconte que la centaine de Franco-Israéliens attendus logeront dans le même hôtel, sous haute protection, et se verront offrir jeudi soir un diner par le Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France.
"La présence de ces députés qui ont pour certains justifié l'attaque du Hamas ce 7 octobre atteint énormément les familles déjà fragilisées"
Quant à la venue des députés de La France insoumise (LFI) aux Invalides, elle concède que "tous la trouvent aberrante" : "La présence de ces députés qui ont pour certains justifié l'attaque du Hamas ce 7 octobre atteint énormément ces familles déjà fragilisées".
Plusieurs d'entre elles ont d'ailleurs demandé, dans un courrier au chef de l'Etat, de revenir sur sa décision. L'Élysée a répondu lundi qu'il s'agissait d'une "cérémonie républicaine" à laquelle, selon le protocole en vigueur depuis 1989, tous les parlementaires sont invités. Pour autant, 75 % des Français estiment que les députés LFI n'ont pas leur place à cet hommage, selon un sondage CSA pour CNews, Europe 1 et Le Journal du dimanche.
