17 octobre : comment les casseurs ont pu casser en toute liberté
Avec 60 000 policiers et gendarmes mobilisés selon le ministère de l’Intérieur, le dispositif du 17 octobre était inférieur à celui de plusieurs événements antérieurs, dont le 14 juillet.

Les forces de l’ordre étaient-elles suffisamment nombreuses le 17 octobre ? La question se pose après les violences survenues dans plusieurs villes françaises et les scènes de pillage qui tournent sur les réseaux.
Sur des dizaines et des dizaines qui ont circulé, on voit des hommes masqués et équipés casser des vitrines et s'emparer tranquillement de marchandises sous le regard effaré des passants... Et sans aucune ombre de policiers.
Selon le chiffre communiqué lundi 19 octobre par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, 60 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés sur l’ensemble du territoire. Un dispositif important, mais inférieur aux effectifs annoncés lors de plusieurs événements précédents.
Le 10 septembre 2025, lors du mouvement « Bloquons tout », jusqu’à 89 000 policiers et gendarmes avaient été annoncés selon certaines sources, tandis que d’autres faisaient état de 80 000 agents mobilisés. Dans les deux cas, les effectifs dépassaient ceux du 17 octobre.
La comparaison avec les « gilets jaunes » est également significative. Le 8 décembre 2018, le ministère de l’Intérieur avait annoncé la mobilisation de 89 000 policiers et gendarmes dans toute la France, dont 10 000 à Paris. Un effectif supérieur de près de 50 % à celui annoncé pour le 17 octobre.
Plus récemment, le 14 juillet 2026, 70 000 membres des forces de sécurité intérieure avaient été mobilisés sur le territoire, à l’occasion de la fête nationale et des événements qui l’accompagnaient.
Les renseignements et les prévisions sur lesquels reposait la préparation du dispositif n’ont pas permis d’anticiper correctement le nombre de participants
Ces différences d’effectifs prennent une dimension particulière au regard de l’ampleur des manifestations du 17 octobre. Selon le ministère de l’Intérieur, 550 000 personnes ont participé aux rassemblements, tandis que les organisateurs en revendiquaient 800 000.
Or, les prévisions évoquées par Laurent Nuñez portaient sur environ 200 000 manifestants. Le nombre finalement recensé par le ministère a donc été près de trois fois supérieur à cette estimation.
Cette sous-estimation constitue un élément important pour comprendre les difficultés rencontrées sur le terrain, même si elle ne permet pas, à elle seule, d’en expliquer toutes les causes.
Le nombre exact de personnes impliquées dans les violences du 17 octobre reste difficile à établir. À Marseille, la préfecture de police a évoqué jusqu’à 30 000 pilleurs, dont 8 000 émeutiers, une estimation contestée par le maire de la ville.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a pour sa part parlé de « quelques milliers de casseurs », sans fournir de bilan national précis. Au total, 2 513 personnes ont été placées en garde à vue et 67 incarcérées à la suite des violences, selon le ministère de la Justice.
