46 % des musulmans envisageraient de quitter la France si Marine Le Pen était élue présidente
À l'inverse, 44 % des Juifs de France considéreraient l'arrivée au pouvoir de la gauche radicale comme un motif potentiel de départ


Près d'un musulman sur deux en France envisagerait de quitter le pays en cas de victoire de Marine Le Pen à la prochaine élection présidentielle. Selon un sondage publié jeudi par Le Figaro, 46 % des musulmans interrogés pourraient envisager un départ si la dirigeante du Rassemblement national accédait à l'Élysée. Une proportion qui témoigne des inquiétudes suscitées par la perspective d'une alternance politique dans un climat de fortes tensions sociales.
L'étude révèle également des préoccupations au sein de la communauté juive. Ainsi, 44 % des Juifs de France considéreraient l'arrivée au pouvoir de la gauche radicale comme un motif potentiel de départ. Une inquiétude qui fait écho aux déclarations de Patrick Martin, président du Medef, qui avait affirmé plus tôt ce mois-ci qu'il quitterait la France si Jean-Luc Mélenchon remportait l'élection présidentielle.
Au-delà des intentions de départ, le sondage met en évidence une crainte croissante des discriminations religieuses. Deux Français sur trois redoutent une augmentation des agressions et des discriminations visant les croyants. Cette proportion atteint 80 % parmi les musulmans. Par ailleurs, 27 % des musulmans interrogés se déclarent favorables à une limitation du port de signes religieux ostensibles dans l'espace public, notamment le hijab.
L'enquête révèle aussi une défiance envers les institutions et les règles établies. Quelque 41 % des Français considèrent la désobéissance civile comme une forme d'action légitime. Cette proportion grimpe à 75 % parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, tandis que 45 % des fonctionnaires interrogés se disent prêts à refuser d'appliquer des lois qu'ils jugeraient injustes.
Enfin, dans un contexte marqué par la hausse des prix de l'énergie et les mobilisations étudiantes, 38 % des Français envisageraient de participer à une grève générale organisée par les syndicats en cas de victoire de Marine Le Pen. Ces résultats dessinent le portrait d'une société française traversée par de profondes fractures politiques, sociales et religieuses, à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.