7 octobre en France : une manifestation pro-palestinienne interdite finalement autorisée
Le collectif Urgence Palestine avait dénoncé une "censure politique" et saisi le tribunal administratif qui a finalement suspendu l'arrêté préfectoral


Des manifestations anti-israéliennes et pro-palestiniennes ont marqué mercredi en France le troisième anniversaire du massacre du 7 octobre, dans un contexte particulièrement tendu. À Paris, la justice administrative a finalement suspendu l'arrêté préfectoral interdisant une manifestation organisée par le collectif Urgence Palestine, permettant sa tenue dans la capitale.
La préfecture de police avait initialement interdit cette marche, prévue entre Château-Rouge et la place Jules-Joffrin, à la demande du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Le préfet Patrice Faure avait invoqué des "risques importants de troubles à l'ordre public", rappelant le niveau historiquement élevé des actes antisémites en France et le caractère particulièrement sensible de la date, marquant trois ans depuis l'attaque du Hamas contre Israël. Le collectif avait dénoncé une "censure politique" et saisi le tribunal administratif.
Cette décision intervient alors que de nombreuses mobilisations pro-palestiniennes sont organisées à travers le monde précisément le 7 octobre. Selon les autorités israéliennes, 75 manifestations étaient programmées pour cette seule journée dans différents pays, dont plusieurs considérées comme présentant un risque élevé.
À Paris, un incident a par ailleurs éclaté lorsqu'une femme a sorti un drapeau israélien au cours d'une manifestation. Un homme a franchi une barrière et lui a arraché le drapeau des mains en lui lançant : "Nazie, tu commets un génocide", avant qu'un échange tendu n'oppose les deux.
Ces rassemblements interviennent sur fond de vaste mouvement lycéen en France, initialement déclenché autour des conditions d'études. Dans plusieurs cortèges et blocages, la mobilisation a également pris une coloration pro-palestinienne et anti-israélienne, tandis que des incidents antisémites ont été signalés. À Paris, la mairie du 11e arrondissement a notamment été taguée de l'inscription "7 octobre, Déluge d'Al-Aqsa", reprenant le nom donné par le Hamas à son attaque du 7 octobre 2023.
La préfecture avait également rappelé que lors d'une manifestation organisée par Urgence Palestine le 7 octobre 2025, des slogans tels que "Israël assassin, Macron complice" et "Fascistes, sionistes, c'est vous les terroristes" avaient été scandés. Cet antécédent figurait parmi les éléments avancés par les autorités pour justifier l'interdiction initiale de la manifestation de mercredi.