À la Résidence de l’Ambassadeur de France, la société civile se mobilise pour relancer la paix israélo-palestinienne
Il s'agissait de préparer la conférence de l'Appel de Paris pour la solution à deux États du 12 juin à Paris

Ce jeudi matin l’Ambassadeur de France en Israël Fréderic Journès a accueilli des représentants de la société civile israélienne et palestinienne ainsi que plusieurs ambassadeurs européens et du G7 pour préparer la conférence de l'Appel de Paris pour la solution à deux États du 12 juin à Paris.
Un an après la reconnaissance de l'État de Palestine par la France, Paris cherche désormais à transformer ce geste diplomatique en avancées concrètes. Plus de 150 organisations engagées vers une solution à deux États ont formulés des recommandations. Elles seront portées par le Ministre Barrot lors du G7 à Evian.
« Les acteurs de terrain connaissent mieux que quiconque les réalités du conflit », a souligné le Ministre dans un discours vidéo diffusée lors de la rencontre, insistant sur la nécessité de garantir à la fois la sécurité des israéliens et des palestiniens.
Le processus de paix entre israéliens et palestiniens est aujourd’hui à l’arrêt. Depuis l’attaque terroriste du 7 octobre 2023 et la guerre qui s’est ensuivie à Gaza, les espoirs de rapprochement ont été profondément ébranlés. La violence, la souffrance et la méfiance ont refroidis les espoirs de part et d’autres.
Dans ce contexte difficile, l’initiative française visant à reconnaître l’État de Palestine est présentée par Paris comme une manière de redonner une perspective politique à un processus de paix aujourd’hui enlisé. Pour ses promoteurs, elle pourrait contribuer à recréer une dynamique diplomatique et à raviver l’espoir d’une solution négociée.
Cinq groupes de travail pour formuler des recommandations
Les discussions se sont articulées autour de cinq thématiques : la sécurité, la reconstruction de Gaza, la reconnaissance de la Palestine et la lutte contre l’annexion, les narratifs de paix et l’intégration régionale.
Des principes forts sont ressorties des cinq groupes de travail : Netta Loevy (Itach Maaki) a appelé à repenser les paradigmes sécuritaires en reconnaissant l'interdépendance entre la sécurité des Israéliens et celle des Palestiniens; Wajdi Bkeirat (Rozana) à faire de la reconstruction de Gaza un levier de stabilité, notamment à travers le renforcement des services de santé; Nadav Tamir (J Street) à préserver la perspective de la solution à deux États en luttant contre l'annexion par des mécanismes juridiques et diplomatiques. Rula Daood (Standing Together) a également souligné l'importance de combattre la déshumanisation en réintroduisant le discours de paix dans l'espace public par des actions fortes et en soutenant les initiatives conjointes israélo-palestiniennes. Enfin, Gidon Bromberg (EcoPeace) a insisté sur le rôle indispensable des acteurs régionaux, estimant qu'aucune normalisation durable ne pourra être atteinte sans avancées concrètes sur la question palestinienne.
Finalement, l’ambassadeur du Danemark, Thomas Winkler, a souligné l’importance de prendre en compte les peurs exprimées par la société israélienne depuis le 7/10/2023.
Fréderic Journès, Ambassadeur de la France en Israël a conclu cette matinée en déclarant que toute initiative de paix devra prendre en considération les perspectives et sentiments de chacun et adapter son langage pour espérer restaurer la confiance et relancer une dynamique de paix, l’espoir devant prévaloir.
