Appel au boycott d’Enrico Macias à Romorantin : la polémique enfle entre LFI et la mairie
Le maire de la commune, Jeanny Lorgeoux, y voit l’expression d’un antisémitisme assumé, que n’excuse pas la souffrance du peuple gazaoui


Une vive controverse secoue la ville de Romorantin à l’approche du concert d’Enrico Macias, prévu le 1er février 2026 à La Pyramide dans le cadre d’un événement organisé par le comité des fêtes. La section locale de La France insoumise (LFI) a appelé à l’annulation ou au boycott du spectacle, reprochant au chanteur ses prises de position sur la guerre à Gaza ainsi que des déclarations virulentes visant des responsables du mouvement.
Cet appel a provoqué une réaction ferme du maire de la commune, Jeanny Lorgeoux, qui a dénoncé une démarche qu’il juge inacceptable. Dans un communiqué, l’édile a rappelé le parcours et l’identité d’Enrico Macias, né à Constantine dans une famille juive d’Algérie, et profondément marqué par l’histoire tragique de son beau-père, Raymond Leyris, figure majeure de la musique arabo-andalouse assassiné en 1961.
Le maire a également souligné l’engagement de longue date du chanteur en faveur du dialogue et de la réconciliation entre les peuples juif et arabe. Selon lui, l’œuvre d’Enrico Macias, notamment la chanson « Enfants de tous pays et de toutes couleurs », s’inscrit dans une démarche de fraternité et de tolérance reconnue bien au-delà des frontières françaises.
Jeanny Lorgeoux estime que l’appel au boycott dépasse le cadre d’un désaccord politique ou artistique. Il y voit l’expression d’un antisémitisme assumé, qu’il juge injustifiable, y compris au regard de la situation dramatique vécue par la population de Gaza. Pour le maire, la souffrance des civils palestiniens ne saurait servir de prétexte à la stigmatisation d’un artiste en raison de son identité ou de ses convictions.
À Romorantin, cette prise de position a ravivé le débat sur la liberté d’expression artistique et les limites de la contestation politique. À ce stade, le concert reste maintenu, tandis que la polémique continue d’alimenter les échanges locaux et nationaux autour de la question du boycott culturel et de la montée des tensions liées au conflit israélo-palestinien.