"Bismillah, c’est les ténèbres", la nouvelle formule virale de ralliement des lycéens français
Derrière la trend et les keffieh, une mobilisation de plus en plus politisée, sur fond d’affrontement entre La France insoumise et le gouvernement.

Le mouvement lycéen en France ne faiblit pas. Mardi 13 octobre, 161 500 personnes ont manifesté à travers le pays selon le ministère de l’Intérieur, contre 480 000 d’après les organisations étudiantes. Au cœur de cette mobilisation, une formule aussi improbable que virale...
Tout commence début octobre avec une capture d’écran d’une conversation Snapchat. Un utilisateur se présentant comme « Mamadou » tente d’intégrer un groupe de lycéens qui organisent des blocages.
Son message, un mélange maladroit d’expressions arabes, d’argot et de français approximatif, évoque le blocus et appelle à tout casser : « Bismillah, c’est les ténèbres », lance-t-il. Les internautes soupçonnent aussitôt un policier se faisant passer pour un adolescent inculte des quartiers ou un casseur, sans qu’aucune preuve publique ne permette à ce jour d’identifier l’auteur.
La formule, qui associe « au nom de Dieu » en arabe aux « ténèbres » sans grande logique, déclenche une vague de railleries. Les lycéens s’en emparent pour tourner en dérision les méthodes prêtées aux forces de l’ordre, et la phrase devient en quelques jours un mot de passe générationnel.
La blague prend une dimension supplémentaire avec l’arrivée de Greta Thunberg aux côtés des lycéens manifestant à Saint-Denis, en région parisienne. La militante suédoise, keffieh sur les épaules, est vue, hilare, lançant « Bismillah, c’est les ténèbres ».
Mais derrière ce slogan se cache en réalité une accusation plus politique, empruntée au répertoire de La France insoumise : celle d’un « racisme systémique » dans la police. Et quand les thèmes chers à LFI croisent l’humour lycéen et la panoplie Gaza, Jean-Luc Mélenchon n’a plus qu’à se frotter les mains.
